Mbuji-Mayi : la fête des parents vidée de son sens par la crise
La fête des parents célébrée ce mercredi 1er août en RDC est vidée de son sens à cause des difficultés socioéconomiques qui minent les familles, témoigne un parent de Mbuji-Mayi, dans le Kasaï Oriental. Pour Baba Isaac Kalonji, le parent actuel n’est pas seulement financièrement pauvre, mais il est aussi «pauvre en esprit», car incapable de gérer sa famille.
Baba Isaac Kalonji dresse, en ces termes, le portrait du parent actuel : «Les parents ne sont pas seulement pauvres aux avoirs. Ils sont pauvres même en esprit : incapacité de gérer la famille, de gérer les enfants, la progéniture, et incapacité due à la crise, due aussi à l’inconscience, faute de travail. Moi-même j’ai des petits fils et des petites filles qui n’ont pas pu obtenir leurs bulletins à cause de la situation que traversent les parents».
Pour lui, les parents sont aujourd’hui loin d’être «l’arbre à ombrage protecteur» d’autrefois.
«De 1965 à 2011, nous avons connus plus d’un million d’enfants de rue. Ils ont des parents, qui les ont abandonnés. Aujourd’hui, cette fête n’a pas son sens. Qu’est-ce que je peux dire en tant que parent, aux enfants qui n’ont pas le moyen d’aller à l’école, qui n’ont pas la possibilité de se faire soigner et qui n’ont pas à manger. Actuellement, nous sommes en baisse de pouvoir d’achat, nous sommes confrontés à d’énormes problèmes d’ordre social, si bien que la fête des parents, je doute fort qu’elle soit une fête».
En RDC, la fête des parents est couplée avec la journée dédiée aux morts. C’est l’occasion pour certains d’aller visiter les cimetières où ont été inhumés des proches disparus.











