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Katumba Mwanke avait prédit : Moïse Katumbi, « l’espoir de grands destins futurs » de la RDC

Écrit par LP . Publié dans A la Une

Il y a cinq ans mourait dans un accident d’avion à Bukavu, Sud-Kivu, Augustin Katumba Mwanke, « l’homme qui parlait à l’oreille du chef ». Il y a cinq ans également que Katumba Mwanke avait, dans un ouvrage prémonitoire intitulé « Ma vérité », prédit ce qu’il adviendra de Moïse Katumbi Chapwe, aujourd’hui en froid avec le régime de Kinshasa.

A l’époque, le grand stratège de la cour était convaincu que Katumbi est pour la RDC « l’un de ses planches de salut, demain, quand sonnera l’heure de grands destins futurs ». Très profond, n’est-ce pas ?

Le décès le 1er février 2017 à Bruxelles d’Etienne Tshisekedi a quelque peu étouffé les cinq ans de la mort, le 12 février 2012 à Bukavu (Sud-Kivu), d’Augustin Katumba Mwanke ; celui qui était présenté comme le plus grand stratège de la Majorité présidentielle. Dans la haute sphère du pouvoir, on le présentait comme « l’homme qui soufflait à l’oreille du chef ».

Pour le président Joseph Kabila, Katumba Mwanke était l’homme à tout faire ; l’homme par qui et autour de qui était bâti tout l’édifice. Mais, le 12 février 2012, le sort en a décidé autrement. Katumba Mwanke n’a pas survécu au crash de l’avion à l’atterrissage à l’aéroport de Kavumu dans la ville de Bukavu. Il a succombé à ses blessures, créant un profond désarroi dans sa famille politique.

Mais, peu avant sa mort, Katumba Mwanke a écrit un ouvrage au titre évocateur, « Ma vérité ». Et dedans, il étale réellement ses convictions les plus profondes, circonscrivant subtilement la place qu’il occupait dans la cour et ses rapports avec les principaux collaborateurs du chef de l’Etat.

On est, faudrait-il le rappeler, en 2012. A l’époque, entre Moïse Katumbi et Kinshasa, c’est le parfait amour. Dans différentes rencontres ou conférences de gouverneurs, Moïse Katumbi est cité en exemple pour sa gestion de la grande province du Katanga. Pour la MP, Katumba est le cheval sur lequel il mise pour mettre en déroute ses détracteurs lorsque ces derniers tentent de critiques ses méthodes de gestion. A l’époque, Katumbi passe pour un modèle de gestionnaire à dupliquer à l’échelle nationale.

L’oracle

Et dans son ouvrage posthume, Katumba Mwanke lui avait déjà prédit un bel avenir. Les déclarations qu’il reprend dans son ouvrage sonnent comme un oracle. Elles sont proches d’un testament de celui qui se voit déjà sur le départ…

En voici une belle séquence : « Mais, il y a le sommet de nos pertes brutales : M’Zee nous a quittés au plus fort de nos périls… D’autres suivront… Naturellement ou tragiquement… Que voulez-vous… Ainsi va la vie… Cette éternelle mariée à la mort ».

Dans ce moment de tourments, il a néanmoins gardé l’espoir.        Il ne s’est vu pas porteur de cette vision. Mais, comme Jean-Baptiste dans la Sainte Bible, il croit que quelqu’un en a toutes les aptitudes. C’est ce qu’il écrit par la suite : « Puisse la divinité l’éloigner de Moïse et lui donner longue. Il est assurément l’un des meilleurs espoirs que notre pays a aujourd’hui et l’une de ses planches de salut, demain, quand sonnera l’heure des grands destins futurs ».

Quoi de plus normal que Moïse Katumbi se souvienne de cinq ans de sa mort dans un tweet. « Cinq ans après sa mort, l'ambassadeur Katumba laisse toujours un grand vide. En ces temps difficiles, son travail, sa vision manquent à la RDC », a écrit Moïse Katumbi.

La mort d’Augustin Katumba Mwanke a laissé un grand vide, particulièrement dans la MP. Ce qui se traduit par l’absence de cohésion dans la stratégie politique de cette famille autour de Joseph Kabila. Le chef de l’Etat n’a plus ce proche collaborateur qui le guidait dans ses décisions et prises de position. Il n’a plus ce cerveau qui savait déjouer les tactiques de l’Opposition avant qu’elle ne passe à l’action. Le vide est profond.

Mais, avant sa mort, Katumba Mwanke a vu autrement la marche de l’Etat. Elle se fera, s’en était-il convaincu, avec Moïse Katumbi, « l’une des planches de salut » de la RDC.

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