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La CENCO rompt le silence

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

La Cenco vient de rompre le silence sur l’agitation au sein du Rassemblement et le retard dans la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre.  Son vice-président n’épargne personne. Bien plus, Mgr Ambongo n’hésite pas à citer nommément la Majorité présidentielle comme principal tireur des ficelles. Selon lui, tout est mis en place pour retarder la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre. Ce qui renverrait aux calendes grecques les prochaines élections.

 

En acceptant de mener sa mission de bons offices pour ramener la classe politique à conclure un accord qui balise la voie pour des élections apaisées, la Cenco ne pouvait pas s’imaginer qu’elle se buterait à des difficultés qui relèvent plus des états d’âme que de l’objectivité. Depuis la suspension, le 28 janvier 2017, des discussions directes autour de l’arrangement particulier et le décès,  le 1er février 2017 à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, la mission de la Cenco se complique au jour le jour.

Au moment où le Rassemblement présente des signes de  dislocation, la Cenco tente de soigner le décor pour ne pas envenimer la situation. Eglise au milieu du village, elle s’est entretenue lundi avec la dissidence du Rassemblement menée par Joseph Olenghankoy, après avoir conféré avec la nouvelle direction politique du Rassemblement menée par Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi.

Il nous revient du Centre interdiocésain que les évêques ne veulent pas s’immiscer dans la brouille qui secoue les rivages du Rassemblement. « Ce n’est pas à la CENCO de s’immiscer dans les querelles internes des plateformes politiques », ont répondu les évêques contactés par RFI.

Mgr Fridolin Ambongo, vice-président de la CENCO, est clair sur les motivations de ces dissidences brusques observées au sein du Rassemblement. « En fait, nous craignons que ces dissidences ne soient tout simplement des manœuvres dilatoires pour retarder la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et dans le pires des cas, de le mettre dans les oubliettes », a-t-il confié à RFI.

L’archevêque de Mbandaka-Bikoro pressent que ces manœuvres viennent de ceux qui ne veulent pas d’élections en République démocratique du Congo. Pour lui, il s’agit bel et bien « des manœuvres de la part de la Majorité présidentielle et de certains membres de l’opposition qui ne veulent pas aller aux élections, car ils n’y trouvent pas leur compte », rapporte RFI.

Le prélat regrette amèrement ces agissements qui reflètent simplement un mépris d’aspirations profondes du peuple congolais, à savoir aller vite aux élections en vue de renouveler la classe politique. « Ces pratiques nous attristent profondément dans la mesure où elles dénotent clairement que ces politiciens n’ont aucun souci du peuple alors que, vu du coté du peuple, nous n’avons pas d’autre choix que d’aller aux élections », pense Fridolin Ambongo, au micro de RFI.

La MP tapie dans l’ombre

Tout compte fait, la République démocratique du Congo est suspendue à la conclusion des négociations sur l’Arrangement particulier à l’Accord du 31 décembre 2016. Deux mois se sont écoulés sans que l’Accord de la Saint-sylvestre ne connaisse un début d’application. La MP et le Rassemblement, les deux grandes parties aux pourparlers directs du Centre interdiocésain, ont du mal à boucler les négociations sur les modalités pratiques de partage du pouvoir durant cette période de transition.

Pourtant, avant la suspension des travaux sur l’arrangement direct, le 28 janvier 2017 au Centre interdiocésain, les parties se sont accordées, à en croire la CENCO, sur près de 95% des questions inscrites à l’ordre du jour. Seules les questions en rapport avec le mode de désignation du Premier ministre, le chronogramme de mise en œuvre de l’Accord, le rôle de la CENCO pendant la transition ainsi que le partage des ministères de souveraineté et la nomenclature des postes ministériels étaient restées en suspens. Puis est venu le décès, le 1er février 2017 à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, président du Conseil des sages du Rassemblement. Un événement qui a plongé l’accord du 31 décembre dans l’incertitude et réveillé toutes les ambitions des uns et des autres inhibées du vivant du lider maximo.

La Cenco dans l’embarras

Quid ? Le Rassemblement s’étant rangé dans une grave bataille de succession, il devenait difficile pour les évêques de relancer les discussions autour de l’arrangement particulier à l’accord du 31 décembre.  Dans la Majorité au pouvoir, l’on a sauté sur la disparition du président du Comité des sages du Rassemblement pour, non seulement exiger que certains acquis de l’Accord soient renégociés, mais aussi pour mettre en place un plan de déstabilisation de la plus grande frange de l’Opposition en République démocratique du Congo.

C’est ce plan de déstabilisation qui est à la base des dissidences observées dans le Rassemblement aujourd’hui. Cette plateforme politique, née du Conclave de Genval tenu en juin 2016 en Belgique, a été touchée par les démons de division. La mort d’Etienne Tshisekedi a suscité des ambitions, et même les plus démesurées, parmi les cadres de cette grande famille de l’Opposition.

La désignation, le jeudi 2 mars, du nouveau leadership a recueilli un large consensus des composantes et cadres du Rassemblement, plébiscitant le tandem Félix Tshisekedi-Pierre Lumbi, respectivement président du Rassemblement et président du Comité des Sages du Rassemblement. Au lendemain de cette désignation, le nouveau leadership a effectué sa première visite de contact à la Cenco. Les évêques ont pris acte de cette nouvelle restructuration.

Cette restructuration était nécessaire pour reprendre, avec lucidité, le flambeau du combat de l’alternance démocratique - objectif essentiel du Rassemblement. Cependant, la réorganisation du Rassemblement a été l’occasion pour certains cadres de mettre en exécution leurs agendas cachés.  C’est le cas de Joseph Olenghankoy qui s’est fait investir, lui aussi, président du Comité de Sages du Rassemblement avec la bénédiction d’un petit groupe de frondeurs recrutés au sein de la Dynamique de l’Opposition, des Alliés de Tshisekedi et  de l’Alternance pour la République.

En décidant de rompre le silence, la Cenco a d’une certaine manière lancé un message. Les évêques ont abondé dans le même sens lors de leur message du 22 février 2017, prononcé au terme de l’Assemblée plénière extraordinaire. Une fois de plus, la Cenco appelle la classe politique à se ressaisir et surpasser son égo en ayant les regards tournés sur les souffrances atroces imposées au peuple. Les manœuvres dilatoires de la MP et la guerre de repositionnement qui règne au Rassemblement ne font que ternir l’image de la classe politique congolaise.

En sortant de ses gonds, Mgr Ambongo porte la voix d’une Cenco dépitée par l’insouciance de la classe politique congolaise.

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