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Affaire Churana contre Ghadeer Sarl : instrumentalisation des services publics

Écrit par Le Potentiel. Publié dans Faits divers

Le dossier mettant en cause l’entreprise Ghadeer Sarl est en instruction au parquet général de la Gombe. Le rappel des faits permet de fixer l’opinion sur cette affaire qui défraie actuellement la chronique.

M. CHURANA AMIN NOORALI, de nationalité indienne détenteur de passeport n° L 4266686, a été engagé sur place en RDC dans la société GHADEER Sarl  depuis 2012 en qualité de Gérant du dépôt d’entreposage des marchandises dans la succursale de la ville de Kikwit après qu’il ait été licencié par les Ets SHUKRANA propriété d’un sujet indien pour détournement.

Dans le cadre de ses fonctions dans la société GHADEER, il avait pour mission d’approvisionner les points de vente en tenant un livre des stocks mis à jour quotidiennement. L’on va donc comprendre  qu’il n’avait aucune prérogative de changer la destination des marchandises mises à sa charge par son employeur.

Plusieurs anomalies ayant été constatées dans sa gestion de stocks, sa hiérarchie décidera au courant du mois d’octobre 2016 de soumettre ce Gérant à un inventaire dont le résultat fera état d’une énorme perte des marchandises d’une valeur avoisinant 100.000 Usd.

Après un interrogatoire au sein de la société,  M. CHUNARA AMIN NOORALI avouera avoir utilisé une partie de marchandises mises à sa charge à des fins personnelles ; notamment en exploitant un commerce à titre privé. A cet effet sans aucune contrainte, il prendra un engagement écrit de pouvoir restituer à la société la valeur des marchandises détournées.

Toujours en toute liberté, ce monsieur entrera en contact avec sa famille en Inde en vue de trouver secours pour pouvoir faire face au remboursement de ce montant évalué 93.323 Usd.

Pour beaucoup plus d’assurances, la famille de M. CHUNARA AMIN NOORALI, basée en Inde, va saisir l’Ambassade de la République de l’Inde à Kinshasa qui convoquera à deux reprises soit les 09 et 21 novembre 2016 son employeur pour s’enquérir de la situation.

Au niveau de l’Ambassade de la République de l’Inde, pendant qu’il était libre de ses mouvements, ce dernier passera une fois de plus aux aveux en signant cette fois-là une autre décharge dans laquelle il reconnaissait devoir à la société la somme sus indiquée.

En attendant le secours promis par sa famille, la société le laissera continuer son travail dans son entrepôt de Kingabwa dans la Commune de Limete à charge pour ce dernier d’éponger au fur et à mesure ce manquant.

Curieusement contre toute attente, pour échapper à son forfait, Monsieur CHUNARA AMIN NOORALI va profiter de ses accointances avec l’ANR par le biais d’une sœur à sa concubine qui y est fonctionnaire, pour monter une diffamation cousue à fil blanc en prétendant qu’il était objet de séquestration, sévices et brimades de tout genre dont seraient auteurs des responsables de la société GHADEER Sarl qui lui auraient reproché simplement le fait qu’il vivait en union libre avec une dame congolaise qui lui avait donné un enfant de plus de six ans.

Que pourtant : non seulement à son engagement en 2012, la société était au courant de l’existence et de cet enfant et de cette union qui ne pouvait pas empêcher qu’il soit embauché au sein de cette dernière ; mais aussi et surtout, devant les officiels de l’Ambassade de l’Inde saisie par sa propre famille, le sieur CHUNARA AMIN NOORALI n’avait jamais fait allusion à cet état de chose.

Sans se soustraire à la procédure, il avait répondu aux différentes convocations de l’Ambassade librement en provenance de la Commune de Limete au quartier KINGABWA où il résidait sans être escorté par qui que ce soit. Ce qui contraste avec l’état de séquestration.

Après cette cabale montée de toutes pièces pour désorienter les services de l’Etat, une descente des agents l’ANR effectuée le 10 janvier de cette année a conduit à l’arrestation puis détention de 4 agents de la société.

A l’analyse du dossier, l’ANR (Agence nationale des renseignements) s’étant rendu compte qu’il s’agissait là d’une procédure ordinaire qui n’avait aucun enjeu sécuritaire, renvoya le dossier au Parquet Général avec deux prévenus après avoir libéré deux autres. Après plus de 30 jours passés dans les geôles de l’ANR, ces deux travailleurs atterrissent au Parquet Général affaiblis par des conditions d’incarcération dont nulle n’ignore la cruauté.

Faisant suite à leur mandat d’arrêt provisoire sous RMP88140/PSB, le TGI/Gombe ordonnera en appel leur liberté provisoire d’abord du fait de la détérioration de leur état de santé suite à cette longue détention à l’ANR puis à la prison centrale de MAKALA ; ensuite, du fait que l’accusation est portée à l’endroit du responsable de la société en déplacement et non à charge de ces deux individus CHATUWALA SHAHNAWAR HESSINALI et KHOJA SAMIRAKBARALI qui sont des simples travailleurs sur qui ne pesait aucun indice sérieux de culpabilité. Ces deux individus se trouvent d’ailleurs internés dans un centre médical souffrant profondément des infections et inflammations.

Il y a lieu de comprendre que M. CHUNARA AMIN NOORALI est en train d’instrumentaliser les services de l’Etat en vue d’échapper à sa forfaiture. Heureusement qu’il y a certains agents de l’Etat qui se distinguent par une analyse objective des faits et par une application stricte de la loi. Aussi l’entreprise Ghadeer Sarl continue-t-elle à faire confiance à la justice congolaise et espère-t-elle un dénouement heureux de cette affaire.   

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