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La Cenco et la Monusco inquiètes

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Conclu à l’arraché dans la nuit de la Saint-Sylvestre 2016, l’Accord politique du 31 décembre 2016 traverse une zone de très fortes turbulences. Dans la communauté internationale, on s’en inquiète.  Le ton est presque le même à la Cenco. Autant pour la Monusco, porte-voix de la communauté internationale, que pour le clergé catholique, la survie de l’Accord du 31 décembre tient à l’unité du Rassemblement désormais piloté par le tandem Félix Tshisekedi – Pierre Lumbi.

 

Longtemps empêtré dans des contradictions internes, le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a retrouvé l’accalmie avec la désignation de Félix Tshisekedi, président de sa direction politique, et Pierre Lumbi, président du Conseil des sages. Après la fronde qui s’est cristallisée autour de Joseph Olenghankoy, le Rassemblement consolide chaque jour qui passe son unité. Tous semblent s’aligner derrière le duo de tête pour perpétuer l’esprit de Genval, où a été signé en juin 2016 l’acte de création du Rassemblement.

Il faut cependant reconnaître que le Rassemblement n’est pas totalement sorti de la zone de turbulences. Si celles-ci ont baissé d’intensité, elles demeurent néanmoins présentes, aussi longtemps que Joseph Olenghankoy et les siens tarderont à revenir dans les rangs.

Félix ratisse large

Depuis mardi, Félix Tshisekedi consulte, au siège de Limete, les principaux ténors du Rassemblement. D’ores et déjà, il a promis de ne ménager aucun effort pour ramener à la maison tous ceux qui ont exprimé leur frustration en s’alignant derrière Joseph Olenghankoy.Hier mercredi, il a reçu entre autres, Martin Fayulu de la Dynamique de l’opposition et Jean-Pierre Lisanga Bonganga de la CAT (Coalition des alliés d’Etienne Tshisekedi).

Si au Rassemblement, on perçoit timidement une lueur d’espoir, ce n’est pas le cas pour la communauté internationale qui ne cache plus son amertume quant à l’issue de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Dans son point de presse hebdomadaire du mercredi 8 mars, le responsable de l’information publique de la Monusco, Charles-Antoine Bambara, s’est montré particulièrement inquiet de la survie de cet accord. « La scission du Rassemblement, note-t-il, paralyse et freine la mise en œuvre de l’accord ».

Un point de vue que partage dans une certaine mesure la Cenco. Celle-ci craint le pire au cas le Rassemblement éclaterait. Ce qui, selon son secrétaire général, l’abbé Donatien Nshole, mettrait directement une croix sur l’Accord du 31 décembre 2016.

Si les évêques déplorent le grand retard, soit plus de deux mois, de mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre, la Cenco croit toutefois qu’un sursaut patriotique  est toujours possible de part et d’autre. La Cenco n’hésite pas à pointer le coupable du blocage actuel. Ce sont les responsables politiques aussi bien de la Majorité présidentielle que du Rassemblement. « Il suffit qu’ils débloquent la situation pour aller de l’avant », estime la Cenco.

A la Cenco, c’est le risque d’un éventuel éclatement du Rassemblement qui est redouté. « L’éclatement du Rassemblement risque de remettre en cause l’Accord du 31 décembre », a rappelé le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Pour l’instant, les évêques positivent. Et des signes d’apaisement qui se multiplient depuis un temps autour de la nouvelle direction du Rassemblement tendent à rassurer. Toutefois, la Cenco exige davantage d’efforts afin de relancer l’Accord du 31 décembre.

« Maintenant, il faut que les choses soient claires au niveau du Rassemblement pour qu’on invite les gens », a annoncé l’abbé Donatien Nshole.

Un pari surmontable

Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi, respectivement président politique et président du Conseil des sages du Rassemblement ont devant eux un grand défi à relever, c’est-à-dire refaire l’unité du Rassemblement. Ils sont à mesure de relever ce défi pour la bonne et simple raison qu’il est surmontable. Pour ses premiers pas comme autorité morale du Rassemblement, Félix Tshisekedi en a fait une priorité. Il s’est inscrit dans ce schéma, comptant sur l’accompagnement de toutes les composantes du Rassemblement.

Il faut dire qu’à ce jour, toutes les neuf composantes, signataires avec Etienne Tshisekedi de l’acte de Genval, se retrouvent dans le camp de Félix Tshisekedi. Seuls certains acteurs – pris individuellement d’ailleurs – ont suivi Joseph Olenghankoy dans sa fronde. Selon certaines indiscrétions, la fronde menée par le président de  Fonus pourrait bien se terminer en eau de boudin. Chaque jour qui passe, le vide se créé autour de lui. Les premiers signes de friction ont été notamment le départ de Lisanga Bonganga et de Jean-Claude Vuemba. Et dans le groupe qui continue à le soutenir, on cite l’aile Kiakwama de la Dynamique de l’opposition, qui apprend-on de sources concordantes, prendrait déjà ses distances.

La tempête se calme

Autrement dit, l’unité du Rassemblement n’est pas un vœu pieux. La communauté internationale et la Cenco qui ont lancé un appel dans ce sens n’ont donc pas prêché dans le désert. A pas feutrés certes, des brebis égarées du Rassemblement commencent à revenir au bercail. L’éclatement ne sera donc pas à l’ordre du jour. Ce qui pourrait bien relancer les discussions directes autour de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016.

C’est tout ce que la Cenco souhaite, réconforté dans sa détermination par les multiples encouragements de la communauté internationale, dont le tout dernier est celui exprimé en début de semaine par le Conseil européen des affaires étrangères.

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