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Moïse Katumbi : « Le pays est au bord de la faillite »

Écrit par La Libre Belgique/Le Potentiel. Publié dans A la Une

De son lieu d’exil forcé, Moïse Katumbi ne désarme pas. Il continue à croire à l’alternance démocratique, l’accord du 31 décembre 2016 ayant tracé la voie à suivre. Il note en passant une mauvaise foi dans le chef de la Majorité présidentielle qui multiplie des obstacles pour en retarder la mise en œuvre. Dans un entretien accordé au journal La Libre Belgique, l’ancien gouverneur du Katanga évoque les grands défis de la RDC et l’urgence de tout mettre en œuvre pour sauver le pays de la faillite. Dans la grande bataille pour l’alternance, l’opposant au pouvoir de Kinshasa est convaincu que le Rassemblement, resté un et indivisible, a un grand rôle à jouer.

 

 

Malgré les sombres perspectives qui se dressent, alimentées notamment par la stratégie du chaos que met en place la MP, le candidat déclaré à la prochaine présidentielle estime que « si on a  l'alternance, en deux ou trois mois, on peut changer le visage du pays et mettre un terme à toutes ces tueries derrière lesquelles on retrouve la main du pouvoir ». Il sait que la MP ne va pas facilement accepter la mise en œuvre intégrale de l’accord du 31 décembre 2016, aussi appelle-t-il le peuple congolais à se référer à l’article 64 de la Constitution qui lui garantit le droit de souverain primaire et seul vrai détenteur du pouvoir.

 

Et lorsque le pouvoir en place prépare le terrain pour faire passer le projet d’un référendum constitutionnel, Moïse Katumbi lance l’alerte : « On appellera le peuple congolais à barrer la route à ces gens et à leur projet. On demandera l'application de l'article 64 de la Constitution qui dit que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la Constitution ».

 

Dans tous les cas, il rassure quant à sa volonté d’user de toutes les voies pacifiques pour faire plier la MP. "On ne veut pas le chaos dans le pays mais Kabila et les siens nous y emmènent tout droit.

 

Le vide laissé par Etienne Tshisekedi, l’engagement pour continuer son combat et la présidentielle en 2017, Moise Katumbi n’a éludé aucune question. « Mon pays n'est pas une boucherie. Aucun peuple n'a le droit de souffrir comme souffre le peuple congolais ». C’est tout le sens du combat politique dans lequel il s’est engagé. A La Libre Belgique, Moise Katumbi ne s’est pas dédit. Interview.

 

 

Monsieur Katumbi, pensez-vous que cet accord de la saint-Sylvestre sera  un jour d'application ?

 

 

« Personnellement, je veux croire en cet accord. Que les choses soient dites clairement, ce sont le président de la République et la majorité présidentielle qui font tout pour bloquer le processus. Mais ils ne doivent pas perdre de vue que si cet accord n'est pas appliqué, Joseph Kabila n'est plus légitime. Son dernier mandat s'est terminé le 19 décembre. C'est de cet accord de la saint-Sylvestre qu'il peut tirer sa petite légitimité pour prolonger un peu son maintien au pouvoir."

 

 

Quels sont les moyens dont vous disposez pour contraindre la majorité présidentielle à appliquer cet accord ?

 

"On ne veut pas le chaos dans le pays mais Kabila et les siens nous y emmènent tout droit. Nous, si vous voulez bien regarder toutes les négociations de ces derniers mois, vous constaterez qu'on a tout fait pour éviter ce chaos, pour éviter la confrontation. On n'est pas des demandeurs d'emploi qui se sont assis à la table des négociations pour décrocher un job. On veut sauver le peuple congolais. On ne va pas se laisser balader par le président, on va se réunir avec le Rassemblement et on va fixer une date butoir à la majorité présidentielle pour l'application de l'accord de la saint-Sylvestre... Vous savez, aujourd'hui, on sait ce que trame le clan Kabila. Lors de la réouverture de la session parlementaire, certains députés ont été chargés de lancer un projet pour l'organisation d'un référendum. Ce qui est explicitement interdit dans l'accord de la saint-Sylvestre. Cela indique donc clairement que la majorité ne veut pas appliquer ce texte et veut passer en force. On n'est pas dupe."

 

 

Que comptez-vous faire si ce scénario se produit?

 

"On appellera le peuple congolais à barrer la route à ces gens et à leur projet. On demandera l'application de l'article 64 de la Constitution qui dit que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la Constitution. Plus aucun élu n'est légitime dans notre pays puisque tous les délais pour le renouvellement des fonctions électives ont été largement dépassés, nous sommes donc bien dans ce scénario décrit par l'article 64. Mais nous demanderons que ce mouvement se fasse pacifiquement. Il y a déjà eu beaucoup trop de Congolais qui ont été tués par ce pouvoir."

 

 

Jusqu'ici, le pouvoir en place ne s'est pas montré très sensible à ces menaces ?

 

"On a le sentiment qu'il considère le fait que l'on s'assoit à la table des négociations comme une faiblesse. Mais ce n'est pas le cas. Je me répète, le Rassemblement veut, exige même, la fin des souffrances pour le peuple congolais. Nous sommes devenus le peuple le plus pauvre du monde. Même le sud-Soudan est mieux loti que nous. C'est inacceptable et cela va empirer si le pouvoir s'obstine. Comment voulez-vous faire venir des investisseurs sérieux dans un tel environnement, les institutions internationales ne suivront plus. Le pays est au bord de la faillite. Le gouvernement va faire tourner la planche à billets, l'inflation sera terrible et les Congolais souffriront encore un peu plus. Je ne sais pas comment l'Etat va payer les fonctionnaires dès le mois d'avril. Le seul responsable de cette situation, c'est Joseph Kabila et quelques-uns de ses caporaux dont certains étaient déjà en place sous Mobutu avant de fuir quand la situation est devenue désespérée. Le scénario pourrait fort bien se répéter dans un avenir pas si lointain."

 

 

Ces dernières semaines, des tensions sont apparues au sein du Rassemblement?

 

"Beaucoup de choses ont été dites. Je constate qu'aujourd'hui nous avons un président du Rassemblement en la personne de Félix Tshisekedi et un président du comité du suivi de l'accord avec Pierre Lumbi. Les choses se sont mises en place. Il a fallu se restructurer après la perte d'Etienne Tshisekedi. C'est un géant qui est parti, mais on a pu trouver une solution et repartir de l'avant grâce à des négociations en interne. C'est le jeu démocratique. Les noms de Félix Tshisekedi et de Pierre Lumbi sont sortis de ces négociations et je félicite tout le Rassemblement pour être parvenu à ce compromis."

 

 

Certains vous ont quitté ?

 

"Ils ont été beaucoup trop impatients. Ils ont oublié que le Rassemblement ce n'était pas un ensemble d'individus mais bien des plateformes. Ceux qui ont signé l'accord lors du conclave de Genval, qui a donné vie au Rassemblement, l'ont fait pour le compte des plateformes, pas en leur nom. S'ils quittent la plate-forme, ils n'emmènent pas la signature avec eux."

 

 

Pensez-vous sérieusement que le président Kabila mettra en œuvre les accords de la saint-Sylvestre ?

 

"Il doit comprendre qu'il n'a plus le choix. Il lui reste une petite fenêtre pour quitter le pouvoir grâce au travail des évêques de la Cenco. S'il ne saisit pas cette dernière opportunité, ce sera terrible pour lui et il sera seul. Tous les autres qui le suivent aujourd'hui vont l'abandonner. Tous les jours, je reçois des coups de fil des membres de la majorité. Des membres importants qui me disent qu'ils ne sont pas d'accord avec le président et qu'il faut sauver le pays. C'est pour cela que je sais qu'il sera vite lâché et que le Congo sera là après Kabila. Ce n'est pas la fonction qui est importante, c'est l'Etat."

 

 

Comptez-vous présenter la candidature de Félix Tshisekedi pour le poste de Premier ministre tel qu'évoqué dans l'accord de la saint-Sylvestre ?

 

"Evidemment. Il y a un consensus chez nous et il y a le courrier qu'Etienne Tshisekedi avait envoyé pour qu'il soit remis aux évêques. Dans les tout prochains jours, le duo composé de Pierre Lumbi (président du conseil des sages) et de Félix Tshisekedi (président du Rassemblement) ira remettre ce nom au président Kabila, comme demandé par ce dernier aux évêques."

 

 

Le président Kabila, lui, pourrait refuser cette candidature ?

 

"Non ! Il n'est plus en mesure de refuser. L'accord de la saint-Sylvestre ne laisse pas cette marge au président. N'oubliez pas que c'est de cet accord qu'il tire sa petite légitimité".

 

 

La présidentielle en 2017, vous y croyez toujours ?

 

"Bien sûr. La Ceni a déjà enregistré près de vingt millions d'électeurs. Soit près de la moitié du corps électoral. En juin, tout peut être fini. Le pouvoir a fait accélérer le processus, non pas pour la présidentielle mais pour le référendum qu'il veut organiser."

 

 

Après, il faut encore organiser le scrutin. Cela a un coût. L'Etat congolais aura-t-il les moyens ?

 

"Je sais que l'actuel gouvernement affirme que le pays n'a pas les moyens d'organiser ces élections. C'est encore une manœuvre pour tenter de modifier le système électoral et passer au suffrage indirect. Le président serait ainsi élu par les députés. Je mets en garde ces députés, ils doivent savoir que le peuple ne veut pas se faire voler son scrutin. Il veut élire son prochain président. Qui plus est, les députés en place ne sont plus légitimes, leur mandat est arrivé à échéance, comme celui du président. Donc, pour en revenir à votre question, oui, l'Etat congolais peut et va organiser ces élections. On va contribuer à l'organisation des élections. Les Congolais qui ont les moyens ouvriront largement leur portefeuille, le peuple se mobilisera pour donner ce qu'il peut, même 50 cents. C'est un message à envoyer à la communauté internationale pour lui montrer la détermination de tout un peuple. Avec un tel message, elle nous soutiendra, je peux vous le garantir. Chaque semaine, je suis dans les avions. Je parcours le monde à la recherche de soutiens pour le scrutin et pour l'après scrutin. Si on a l'alternance, en deux ou trois mois, on peut changer le visage du pays et mettre un terme à toutes ces tueries derrière lesquelles on retrouve la main du pouvoir. Cela doit cesser. Mon pays n'est pas une boucherie. Aucun peuple n'a le droit de souffrir comme souffre le peuple congolais. Ces voyages portent leurs fruits. La communauté internationale a compris qu'il y avait une forte opposition au Congo, qu'elle est crédible et qu'elle n'est pas là pour chercher un poste et les dollars. On voit que le regard change aux quatre coins du monde."

 

 

 

 

 

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