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La RDC replonge dans ses travers d’avant l’Accord de Sun-City

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Obstiné à torpiller le processus électoral, le pouvoir de Kinshasa est en train de déconstruire tous les acquis de ces quinze dernières années obtenus au prix du sang des Congolais et d’énormes sacrifices.

 

La RDC replonge dans ses travers : la crise multiforme, l’insécurité généralisée, l’isolement diplomatique et même la régression économique. Il appartient au président de la République de retrouver son sens de compromis qui avait conduit à  l’Accord global de Sun-City pour sortir la RDC de ce bourbier.

La situation devient de plus en plus préoccupante en République démocratique du Congo. Les jours passent mais les politiques sont loin d’accorder leurs vues pour débloquer les négociations directes du Centre interdiocésain. Du coup, la conclusion de l’Accord global et inclusif du 31 décembre  2016 reste hypothétique. 

Une situation qui arrange la Majorité présidentielle qui n’a jamais caché ses intentions de bloquer le processus électoral, seul moyen qui lui reste pour renvoyer aux calendes grecques les élections et donc l’alternance démocratique. La RDC se retrouve aujourd’hui dans une situation comparable à celle de 2002, avant la conclusion de l’Accord global de Sun-City en Afrique du Sud.

En 2002, une année après l’avènement au pouvoir du président de la République, Joseph Kabila, la RDC se trouvait dans une situation où l’insécurité régnait dans une bonne partie du pays avec des rebellions dans toute la partie Est. L’économie était désarticulée et complètement par terre. Le pays était isolé sur le plan diplomatique. La crise politique était à son comble.

Face à ce tableau sombre, seul un compromis global et inclusif devait ramener la paix, la sécurité, la réunification et la cohésion nationale. Ainsi, le Chef de l’Etat avait-il pris ses responsabilités et s’était impliqué pour qu’on arrive à la conclusion de l’Accord global et inclusif de Sun-City. C’est de ce compromis politique historique qu’émane l’actuel ordre politique de la RDC.

De ce pacte républicain, est née l’actuelle  constitution qui impose au plus deux mandats à un Chef de l’Etat. Curieusement c’est le nœud de la crise congolaise aujourd’hui. La Majorité présidentielle veut maintenir son autorité morale à la tête du pays par tous les moyens.

C’est avec la signature de l’Accord global, d’abord en décembre 2002 puis en avril 2003, que la RDC a retrouvé le chemin de la stabilité politique, jusqu’à l’organisation de deux mandatures démocratiques, en 2006 et 2011. La RDC doit ses performances économiques de ces dix dernières années à cette  stabilité politique. Pendant dix ans, la RDC a connu une croissance économique continue. Pendant la même période, suite au respect de l’ordre démocratique, Kinshasa a redoré son image sur le plan international, jusqu’à organiser, en 2012, le Sommet de la francophonie. 

Certes, le pays n’avait pas retrouvé totalement la paix et la sécurité dans certaines de ses contrées dans les deux Kivu et dans l’ex-Province Orientale, cependant la nation congolaise est restée attachée à son pacte républicain et aux institutions issues des élections démocratiques. Ce, jusqu’à la crise née de l’absence d’élections en 2016.

Carence de vrais politiciens

Autant en 2002 la conclusion de l’Accord de Sun-City a remis la RDC sur les rails des élections, de la paix et de la démocratie, autant présentement, la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre est la seule voie pour sauver le pays de l’implosion.  Il n’y a pas d’alternative à la tenue d’élections. Donc, il appartient au Chef de l’Etat de débloquer la situation sur les matières qui achoppent encore dans les discussions directes notamment sur les modalités de désignation du Premier ministre à venir du Rassemblement et sur l’attribution du poste de président du Conseil national de suivi de l’Accord au successeur d’Etienne Tshisekedi.

Pour autant, les politiciens congolais ne le sont que de nom. Si aujourd’hui la RDC recule de plusieurs années, c’est justement parce que les prétendus politiciens sont réduits aux intérêts égoïstes qui sont totalement en déphasage avec les préceptes d’une République.

En principe, tout politicien doit avoir une vision de la cité qu’il prétend être capable de diriger. Et dans une République démocratique, les politiciens ont encore plus d’exigences parce qu’ils doivent  être les gardiens des valeurs démocratiques.

 

Dans une démocratie, on accède aux responsabilités politiques par les élections. Il se fait qu’en RDC les politiques se soucient peu de doter le pays des vrais représentants du peuple, ceux qui ont été réellement élus.  Les élections sont devenues le lieu de tricherie où les sièges sont accordés au plus offrant. Dans ces conditions, la RDC aura du mal à tirer son épingle du jeu dans ce monde devenu si sensible au respect des droits humains.

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