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Un isolement de plus

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

Je t’aime, moi non plus. C’est le moins que l’on puisse dire  sur les relations actuelles entre Vatican et Kinshasa. La preuve, s’il en fallait encore une, c’est l’annulation du voyage du pape François, pourtant projeté entre juillet et août 2017 au pays de Lumumba. Que s’est-il passé pour que le Souverain Pontife rectifie son agenda ?

 

Quel que soit le bout par lequel on va le prendre, le fait que le Pape ait annulé son voyage en RDC cache bien un malaise. D’ailleurs, dans une interview au journal allemand Die Zeit, paru le 9 mars, le Souverain Pontife en exprime clairement le regret : «Il était prévu d’aller dans les deux Congo, mais, avec Kabila, ça ne va pas, je ne crois pas qu’on puisse y aller »  Tout est dit.

Dans la capitale congolaise, une certaine opinion pense que le président Kabila n’aurait pas tenu parole après leur tête-à-tête de l’année dernière à Rome. Au lieu de travailler dans le sens d’assurer l’alternance en préparant les élections le plus tôt, Kinshasa a préféré  multiplier de prétextes pour ne pas assurer l’alternance démocratique.

D’où, cette réaction arrogante du porte-parole du gouvernement congolais après l’annulation du voyage pontifical en RDC. Qu’on le veuille ou non, le pape demeure l’une des autorités morales les plus incontestées sur qui la planète compte encore surtout lorsqu’il s’agit de stopper la folie d’un capitalisme sauvage qui relègue au second plan la dignité de la personne humaine.

Dire, comme l’a fait le porte-parole du gouvernement, que « la visite du Pape en RDC ne changerait rien », semble être une réponse d’un État irresponsable. De deux choses, l’une. Si le Souverain Pontife ne valait rien aux yeux du gouvernement congolais, qu’était allé faire le président Kabila au Vatican l’année dernière ? Bien plus, pourquoi avoir confié à la Cénco – église catholique locale – la responsabilité de mener de bons offices si l’on renie l’imperium de son chef ?

Sur qui va encore compter le gouvernement congolais s’il n’est accepté ni à l’interne par la population ni à l’externe par des amis et partenaires traditionnels ? En un mot comme en mille, ça s’appelle « isolement diplomatique ».

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