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Kengo wa Dondo crève l’abcès

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

« La situation sociale du peuple a atteint les limites du supportable »

C’est parti pour la session ordinaire de mars dans les deux chambres du Parlement. Mercredi au Sénat, on a eu droit à un réquisitoire de son président, Léon Kengo wa Dondo, sur la situation explosive qui prévaut dans le pays. C’est un Kengo à la fois révolté et assuré d’un sursaut d’éveil patriotique qui s’est présenté devant les sénateurs. Il a crevé l’abcès. Comme pour rappeler à la classe politique de prendre conscience sur l’urgence de mettre en œuvre l’accord du 31 décembre – seul espoir pour un avenir radieux.

 

Ouverture, mercredi 15 mars au Palais du peuple, de la session ordinaire de mars dans les deux chambres du Parlement.

Nombre d’analystes sont d’avis que cette session est hautement politique. De prime abord, elle s’ouvre dans un contexte tout à fait particulier, marqué  notamment par l’enlisement de l’accord du 31 décembre 2016 et le regain de l’insécurité dans certains coins de la RDC, marqué notamment dans le Grand Kasaï par les miliciens se réclamant du chef Kamuina Nsapu et dans le Nord-Kivu du retour des ex-rebelles du M23. Jamais, la RDC n’a été aussi fragile et prête à l’implosion.

Le 31 décembre 2016, l’accord politique conclu sous l’égide de la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo) a pu désamorcer la crise. Juste pour un temps. Jusqu’à ce jour, son application pose problème. Et loin d’arranger la situation, la mort, le 1er février 2017 à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, a ravivé davantage la tension. Ce qui retarde de plus en plus le rapatriement de sa dépouille en RDC pour une inhumation à la hauteur de sa grandeur. Sans compter l’effritement du pouvoir d’achat de la population, qui fond comme neige au soleil, dans un contexte de détérioration de la situation économique du pays.

Voilà le tableau peint mercredi à l’ouverture de la session ordinaire de mars par Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat. Fidèle à la ligne qu’il s’est imposée depuis son élection au perchoir de la chambre haute du Parlement, Léon Kengo n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il a crevé l’abcès, fustigeant la dérive qui rode aux portes de la RDC. Il y a urgence de recadre le tir, a clamé le président du Sénat. Et la seule façon pour y arriver, pense-t-il, c’est de faciliter la mise en œuvre, le plus rapidement possible, de l’accord politique du 31 décembre 2016, conclu à l’arrachée avec le concours des évêques catholiques.

« Après plusieurs autres forums du genre, cet Accord politique a apporté à notre pays l’apaisement des esprits à la veille de la date du 19 décembre 2016. (…) Obtenu après plusieurs tractations et concessions, nous souhaitons que cet Accord, en ce compris son Arrangement particulier, soit respecté et appliqué de bonne foi et dans les meilleurs délais afin de respecter les échéances électorales », implore le président du Sénat.

Dans ces conditions, note-t-il, l’organisation des élections dans les délais fixés dans cet accord est un impératif auquel nul ne pouvait déroger. « Conformément à l’Accord du 31 décembre, dans quelques mois, le peuple congolais ira aux élections. C’est son attente principale. Dans ce contexte, j’insiste auprès des uns et des autres pour que règne une atmosphère de paix dans le pays, pour que ce processus électoral se déroule dans un climat apaisé », a rappelé le président du Sénat.

La patience du peuple a atteint ses limites, a toutefois prévenu Léon Kengo. « La situation sociale du peuple a atteint les milites du supportable. (…) La situation sociale de la population ne doit pas être l’otage de l’enlisement politique ».

 

Autorité morale de l’Opposition républicaine, Léon Kengo, vient de jouer sa partition. Il a lancé – à sa manière d’ailleurs – l’alerte. Reste à la classe politique, particulièrement la Majorité présidentielle et le Rassemblement, de se ressaisir pour amorcer, enfin, la mise en application de l’accord du 31 décembre 2016.

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