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Bien qu’intérimaire, le gouvernement Badibanga appelé à s’occuper du social des Congolais

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Le président du Sénat a interpellé le gouvernement Badibanga sur la situation sociale des Congolais. Bien qu’étant intérimaire, l’actuel Exécutif ne devrait pas se tourner les pouces et observer dans l’indifférence la dégradation des conditions sociales de la population. Pour Léon Kengo wa Dondo, « la misère des Congolais a atteint les limites du supportable ». L’équipe de Samy Badibanga est ainsi interpellée pour agir en toute urgence.

 

Dans une semaine, le gouvernement dirigé par le Premier ministre, Samy Badibanga Ntita, va totaliser trois mois depuis son investiture à l’Assemblée nationale. Issu de l’Accord de la Cité de l’Union africaine, l’actuel Exécutif reste un gouvernement intérimaire, en attendant la mise en œuvre de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016. Ce compromis impose que la primature soit cédée au Rassemblement qui doit diriger le gouvernement de transition jusqu’à l’organisation des élections, dont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales sont prévues en décembre 2017.

Conscient de son caractère éphémère, le gouvernement Badibanga semble attendre sur ses lauriers la cérémonie de remise et reprise avec celui qui sera dirigé par le Rassemblement. Entretemps, la situation sociale devient intenable. Il y a plusieurs urgences sociales qui nécessitent des actions de l’Exécutif. Tout gouvernement digne de ce nom ne saurait laisser pourrir le social de sa population sans intervenir pour soulager, un tant soit peu, ses souffrances.

Face à l’inertie de l’actuelle équipe gouvernementale, le président du Sénat, Léon Kengo, a interpelé ouvertement Samy Badibanga à prendre ses responsabilités. « La situation sociale du peuple a atteint les limites du supportable. On constate la montée vertigineuse de l’inflation. Celle-ci a engendré l’emballement des prix et la détérioration du franc congolais », a plaidé Léon Kengo, du haut de son siège, à l’ouverture de la session ordinaire de mars à la chambre haute du Parlement.

Pour le président du Sénat, en dépit de son caractère intérimaire, l’actuel gouvernement doit prendre à bras-le-corps ne serait-ce que les problèmes conjoncturels qui se posent à la population. Ce, malgré le blocage constaté dans la conclusion de l’Accord du 31 décembre 2016 devant amener un gouvernement légitime pour préparer les élections.

Ainsi, « la situation sociale de la population ne doit pas être l’otage de l’enlisement politique », pense Léon Kengo. En clair, malgré le blocage actuel dans la conclusion de l’arrangement particulier à l’Accord, les populations qui sont confrontées à des situations réelles de dégradation de leur vie, méritent une réponse des dirigeants. « Le pouvoir d’achat de la population a périclité. En moyenne, on estime que cette chute se situe entre 40 et 50% du dernier salaire perçu. Cette situation n’est pas le reflet du poids économique réel de notre pays. Le problème est donc dans la gestion de l’économie du pays », fait remarquer le patron du Sénat.

Il réclame ainsi un dialogue social entre le gouvernement et les partenaires sociaux afin de dégager une solution négociée à la crise sociale actuelle. « Concernant la chute du pouvoir d’achat, j’invite le gouvernement à entamer des discussions franches avec tous les partenaires sociaux afin de déterminer des mesures compensatoires qui s’imposent ».

Pour lui, « un pacte social est nécessaire dans la conjoncture actuelle ».

Le gouvernement Badibanga doit ne serait-ce que ça au peuple congolais. L’on sait que l’économie de la RDC paie un lourd tribut de sa dépendance de l’exportation des matières premières brutes. Avec la chute des cours du cuivre et du pétrole sur le marché international depuis deux ans, le pays voit ses recettes publiques fondre comme neige au soleil.  Au point que le taux de croissance économique de la RDC est passé de 9,5% en 2014 à 2,5% en 2016. La réponse durable au ralentissement économique dépendra des mesures structurelles que le gouvernement issu des élections devra prendre pour diversifier l’économie, investir massivement dans l’agriculture ou encore miser sur l’industrialisation.

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