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RDC: Quelle issue pour le dialogue de la CENCO ?

Écrit par Stanislas Ntambwe. Publié dans Online Dépêches

La question mérite d’être posée eu égard au quiproquo entretenu autour de l’arrangement particulier entre la Majorité et le Rassemblement. De l’avis de certains observateurs, l’espoir est en train de s’envoler.

« Est-ce que l'actuel dialogue est encore un cadre idéal pour relancer le processus démocratique? ». Cette question vient du président de l’Association africaine des Droit de l’homme (Asadho), Jean Claude Katende, en mission de plaidoyer internationale aux Etats Unis d’Amérique, sur la crise politique en République démocratique du Congo (RDC).

Au vu de tous les scénarios et tergiversations entretenus par les parties prenantes aux directes conduites par les évêques catholiques, en ce qui concerne la mise en œuvre de l'accord du 31 décembre 2016, il y a lieu de se demander si ce dialogue est encore un cadre idéal pour trouver des solutions à la crise politique actuelle au pays. Jean Claude Katende qui se félicite de n’avoir pas participé à ses assisses affirme que, cette crise est créée par le président de la République et sa famille politique.

Selon lui, ces deux dialogues (celui de l’UA et de la Cénco) ont été initiés par le Président Joseph Kabila. « En son temps, nous nous posions la question de savoir si la Majorité au pouvoir était digne de confiance et si elle était prête à trouver, avec les autres partenaires congolais, de solutions aux problèmes du Congo », explique J.C Katende. « La réponse était Non », croit-il savoir.

Conserver le pouvoir

« Selon notre analyse, explique M. Katende, la Majorité Présidentielle voulait se servir du dialogue pour trouver des solutions à ses propres problèmes (comment garder le pouvoir) mais pas pour trouver des solutions aux problèmes du Congo », confie-t-il sur sa page facebook. Il estime que la MP n’est pas digne de confiance parce qu’ « elle ne respecte pas ses engagements. Elle est de mauvaise foi ».

Le président de l’Asadho évoque, à titre d’exemple, la suite qui a été réservée aux résolutions des concertations nationales de 2013. « Moins de la moitié appliquée », soutient-il.

La Majorité Présidentielle estime que ce n'est pas elle qui bloque la signature des arrangements particuliers, mais c'est l'opposition. D’après J.C. Katende, la MP ne facilite pas les choses, estimant que les quelques problèmes que connaît le Rassemblement ne peuvent être évoqués comme motifs pour ne pas avancer.

Pression populaire ?

En outre, Katende joint sa voix à celles des autres institutions internationales et nationales ainsi que d’autres personnalités, en soutenant le groupe du Rassop que conduit Félix Tshisekedi, arguant qu’il est « le plus représentatif du Rassemblement ». Par conséquent, c'est avec ce groupe qu'il sied de traiter. Cependant, J.C Katende pense qu’une telle attitude ne peut pas venir de la Majorité, dans la mesure où « l'implosion de l'opposition lui donne plus de force. Il suffit d'écouter les déclarations des ténors de la Majorité sur ce qui se passe au Rassemblement pour s'en rendre compte ». Il sollicite l’implication du président de la République

Le président de l’Asadho accuse la Majorité présidentielle d' « exacerber la division de l'opposition par des déclarations incendiaires et désobligeantes. L'esprit de faire repartir rapidement la nation n'est pas la préoccupation de la Majorité. Au contraire, elle tient à faire repartir les individus ». Selon Me Katende, dans un tel environnement, le Rassemblement doit repenser sa stratégie en se posant cette question: « en appelant tout le temps à la pression populaire, la Cénco elle-même n'a-t-elle pas de doute sur l'issue heureuse de ses bons offices? »

« Le Rassemblement n'obtiendra rien de sérieux de ce processus si elle ne démontre pas sa capacité de mobiliser le peuple après la mort du président Étienne Tshisekedi », conclut le président de lAsadho.

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