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Cinq questions à Jacquemain Shabani (*)

Écrit par Propos recueillis par Pitshou Mulumba le . Publié dans 5 Questions à...

1. Remplacement d’Etienne Tshisekedi à la tête de l’UDPS, que prévoient les statuts du parti?

Les statuts prévoyaient que soit mis en place un triumvirat composé du président de la Convention démocratique, du président de la Commission électorale permanente du parti et du secrétaire général pour assurer l’intérim du président national du parti pendant trente jours avec la seule mission d’organiser le congrès extraordinaire au cours duquel les congressistes membres du parti allaient choisir le nouveau président national. La première difficulté aujourd’hui, c’est que la Convention démocratique n’a malheureusement pas été mise en place depuis le congrès depuis 2010. La Commission électorale permanente qui a fonctionné en 2011 n’est plus fonctionnelle aujourd’hui. Et donc, le secrétaire général Jean-Marc Kabund se retrouve seul et ne peut pas, à lui seul, constituer ce triumvirat.

2. Et vous proposez-vous la mise en place des organes transitoires pour gérer l’UDPS, deux mois après la mort de son président national ?

Nous étions tous convaincus qu’après le choc de la disparition du président national Etienne Tshisekedi, une dizaine de jours allait suffire pour l’honorer, clôturer le deuil pour nous permettre après de réfléchir sur les voies et moyens de l’applicabilité des statuts. Nous sommes une organisation politique. Et aujourd’hui, il y a des urgences, l’actualité politique, etc. Et l’UDPS, comme la fille aînée de l’Opposition, a un rôle majeur à jouer et cela en toute responsabilité. Et donc, il est important pour de nous organiser. C’est pour faire face aux défis, notamment des élections. Il faudrait bien que l’UDPS se prépare. Voilà pourquoi, avec la petite expérience que nous avons et, par rapport à différentes interpellations, nous nous sommes dit qu’il faut quand même faire quelque chose. Nous sommes entrés en contact avec les décideurs du parti pour échanger de toutes ces questions. C’est ainsi que cinq anciens secrétaires généraux honoraires, dont moi-même, avons mené une réflexion sur la tenue d’un conclave destiné à mettre en place des organes transitoires du parti. L’idée est également partagée par une multitude de membres du parti.

3. Comment le secrétaire général actuel a-t-il accueilli votre démarche ?

Je dois être franc. Avec le secrétaire général, je l’ai rencontré personnellement il y a plus d’un mois. Nous avons échangé autour du parti, son avenir, les difficultés qui se posent au regard des statuts, des pistes de solutions qui nécessitent son impulsion, etc. Nous sommes passés à cette étape publique parce que nous avons constaté que les collègues censés donner le coup de pouce ultime pour déclencher une telle réflexion traînent le pied. Ils ne font pas preuve de courage.

4. Croyez-vous à l’aboutissement de votre initiative ?

Ce n’est pas la première fois que l’UDPS se retrouve face à une difficulté qui ne trouve pas de réponse dans ses statuts ou son règlement intérieur. Et ce ne serait pas la première fois que l’UDPS passe par un conclave. Dans les années 90, l’UDPS avait organisé un conclave à Bondeko qui avait eu le mérite de régler plusieurs problèmes internes au parti. C’est de ce conclave que le premier secrétaire général du parti a été choisi. C’est une expérience qu’on peut à nouveau tenter. Nous ne pouvons pas, nous UDPS, pêcher en exigeant aux autres ce que nous ne savons pas faire au sein de l’UDPS. A la lumière de la RDC qui se trouve en difficulté face à sa Constitution, l’UDPS est en difficulté avec ses statuts. Et si les Congolais, à travers quelques délégués, ont dialogué au Centre interdiocésain pour trouver un compromis politique à l’impasse électorale, l’UDPS, aussi, a suffisamment de maturité pour organiser un échange en toute responsabilité, à travers quelques délégués. C’est pour trouver la solution comme nos pères fondateurs l’avaient fait au conclave de Bondeko. C’est une démarche salutaire pour le bien et le bonheur du parti.

5. Ce n’est pas une récupération de Jacquemain Shabani pour se relancer après avoir soufflé le chaud et le froid à l’UDPS ?

Si tel était le cas, j’aurai pu utiliser la voie de la facilité. On a levé l’option avec les collègues en toute responsabilité. Et nous sommes préparés à faire face à la contradiction. Nous le faisons par souci de voir notre œuvre, l’œuvre du président Tshisekedi perdurer. Je suis extrêmement convaincu que l’UDPS fera le bonheur du Congo.

(*)Secrétaire général honoraire de l’UDPS

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