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Après Matata, la fonction de Premier ministre est désacralisée

Écrit par F.K..

Parti du gouvernement en novembre 2016 à la suite de l’accord du 18 octobre signé sous l’accompagnement du Togolais Edem Kodjo, l’ombre de Matata Ponyo Mapon, désormais Premier ministre honoraire, continue à planer sur l’Hôtel du gouvernement. Si bien que même, au sein de la Majorité présidentielle, où Matata a essuyé des critiques les plus acerbes, on regrette aujourd’hui son départ.

En quatre ans et sept mois passés à la tête de l’Exécutif national, Matata a laissé des empreintes indélébiles que ses successeurs ont du mal à effacer. Samy Badibanga s’y est frotté, sans jamais y parvenir. Bruno Tshibala, qui arrive, s’est fixé l’objectif de faire oublier toutes les années Matata. Le défi est énorme. Bruno Tshibala promet de le relever. Attendons voir

Dans tous cas, les belles années de la Primature où l’accession dépendait d’un niveau de compétence sont révolues. Aujourd’hui, c’est par le jeu des alliances qu’on accède au poste de premier ministre.

C’est en vertu de l’accord du 18 octobre 2016 que Samy Badibanga a été nommé en décembre 2016 au poste de premier ministre. Porté au perchoir en vertu de l’accord de la Cité de l’Union africaine, Samy Badibanga n’a pas su résister trop longtemps à la tempête. Il a fini par être emporté par l’Accord du 31 décembre 2016, qui met sur orbite Bruno Tshibala. C’est toute la différence avec les nominations d’Antoine Gizenga en 2006, d’Adolphe Muzito en 2008 et de Matata en 2012.

En 2006 et 2008, la nomination de deux membres du Parti lumumbiste unifié s’est fait sur base de l’accord conclu en 2006 dans le cadre de l’Alliance pour la majorité présidentielle. Si la nomination d’Antoine Gizenga s’est fortement ancrée sur l’alliance conclue entre le PPRD, le Palu et l’Udemo, celle d’Adolphe Muzito, en 2008, a pris en compte, tout en se pliant à cet accord, à d’autres critères touchant, notamment à la compétence et à l’expertise requise pour occuper ce fauteuil.

En 2012, c’est sur Matata que le chef de l’Etat, fraîchement réélu en décembre 2011, a porté son dévolu pour matérialiser le grand projet de la « Révolution de la modernité ». Dans les cercles politiques, la nomination de Matata, alors ministre des Finances entre 2010 et 2012, a été une grande surprise. Personne ne le voyait à ce poste. Cependant, c’est à lui que le chef de l’Etat a confié la mission de piloter jusqu’en novembre 2016 l’action du gouvernement.

Dans l’histoire politique de la RDC, Matata est le seul Premier ministre à avoir battu le record de longévité aux commandes du gouvernement central. Malgré toutes les flèches mouchetées lancées contre lui, il a résisté jusqu’à être emporté en novembre 2016 par le compromis de la Cité de l’Union africaine.

Comme en 2006

Depuis ce compromis de la cité de l’Union africaine, l’accès à la primature s’est inspiré du jeu de 2006. C’est un jeu de compromis où la compétence n’a pas forcément sa raison d’être. Le drame est que les critères qui prévalaient autrefois pour accéder à la primature ne sont pas pris en compte. Le chef de l’Etat et sa famille politique sont dans un calcul politique où tout ce qui compte, c’est le dividende politique à tirer.

En réalité, le remplacement au bout de trois de Samy Badibanga par Bruno Tshibala tient uniquement à cette logique – fondamentalement politique. Le revers de la médaille est que la fonction de premier ministre a été désacralisée. Elle ne repose plus sur des bases de compétence et de mérites personnels. On y accède par un jeu d’alliance, pour vu que la Majorité présidentielle et son autorité morale y trouvent leur compte.

Il y a cependant un revers. C’est notamment l’efficacité de l’action gouvernementale qui est reléguée au second plan. En effet, la MP n’attend pas d’un Premier ministre qu’il s’inscrive dans la vision du chef de l’Etat. Ce qu’on attend d’un Premier ministre – depuis Samy Badibanga jusqu’à Bruno Tshibala – c’est avant tout servir de fusible politique au chef de l’Etat en évitant de lui faire ombrage politiquement. C’est le rôle qui a été attribué à Samy Badibanga. Mais, tirant sa légitimité de l’accord du 18 octobre 2016 contesté par tous, Samy Badibanga n’a pas su remplir convenablement cette mission. La MP espère donc voir Bruno Tshibala qui tire d’une certaine manière sa légitimité de l’Accord du 31 décembre 2016 être à la hauteur. Mais, à première vue, la tâche est difficile. Car, de l’intérieur, Bruno Tshibala n’a pas su faire l’unanimité dans son propre camp. A l’extérieur, les partenaires contestent unanimement sa nomination.

Il y a fort à parier que Bruno Tshibala termine son séjour au n°5 de l’avenue Roi Baudouin exactement comme Samy Badibanga.

Quoi qu’il en soit, il y a une réalité indéniable. La primature a presque été vidée de sa superbe. Il n’est plus cette fonction dont l’accès est guidé par la méritocratie ou l’ancrage à la vision du chef de l’Etat. Au regard du contexte actuel ce qui compte le plus pour le chef de l’Etat, c’est placer à la primature quelqu’un qui rentre dans son plan de glissement. Quelqu’un qui lui permet de gagner du temps.

Ne pas minimiser les fondamentaux

Autant dire qu’après Matata, la fonction a été désacralisée. Dans les milieux de la MP, on le reconnait – jusqu’au très pointu Kin-Kiey Mulumba, membre du bureau politique de la Majorité présidentielle. D’autres, comme lui, partagent aussi ce point de vue.

Mais, il y a un fait que la MP ne devrait pas ignorer. Le chef de l’Etat est toujours lié par le serment prononcé à sa réélection en 2011. Quoi que seul responsable devant le Parlement, le Premier ministre est celui qui exécute le programme qui lie le chef de l’Etat à la nation. De ce point de vue, le Premier ministre ne peut jamais s’écarter de la vision du chef de l’Etat. C’est plus qu’une évidence.

 

Si Matata a pu donner un contenu en quatre ans et sept mois à la vision du chef de l’Etat, depuis décembre 2016, il n’y a personne à la primature pour porter cette même vision. Or, bientôt, ce sera la tenue d’élections. Avec qui la MP défendra-t-il son bilan ? C’est là tout le problème.

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