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Dressons nos fronts

Écrit par L.P.. Publié dans A la Une

La RDC passe une des périodes sombres de son existence en tant qu’Etat souverain. Ce pays, que Frantz Fanon a décrit comme la gâchette de l’Afrique, ne cesse de retarder son décollage pour sa destinée de grandeur.

 

Alors que tout le monde pensait que les deux quinquennats démocratiques seraient le début d’une longue période, non seulement de démocratisation, mais aussi de stabilité politique, c’était sans compter avec le machiavélisme de la classe dirigeante.

Ayant profité de dix ans de règne et de légitimité démocratique sur le grand Congo, l’actuel régime est en train de fouler aux pieds toutes les vertus républicaines contenues dans la Constitution. Obsédée par le pouvoir, la Majorité est en train de conduire le pays vers un objectif inaccessible : maintenir son autorité morale à la tête du pays en violation de la Constitution.

Pour ce but inavoué, la classe dirigeante se permet tout. Elle a commencé par bloquer la tenue d’élections dans les délais constitutionnels. Au point que la RDC se retrouve avec des institutions illégitimes. C’est aussi à cette période que les foyers de tensions se propagent à travers le pays. Serait-il une stratégie de la terre brûlée ? L’avenir nous en dira plus. Déjà, l’on sait que le phénomène Kamuina Nsapu a été attisé par celui-là même qui a écrit un livre au titre éloquent : « La modification de la Constitution ou l’inanition de la nation ». Du machiavélisme pur-sang.

Outre l’insécurité, les conditions de vie des Congolais se détériorent sans que les dirigeants réagissent. Juste en 2016, le franc congolais a perdu 25% de sa valeur.  Dans un pays où les salaires des fonctionnaires, enseignants, policiers et des militaires sont indexés en monnaie nationale, l’on peut facilement imaginer la faiblesse du pouvoir d’achat de ces gagnepetits.

 

Toute manifestation de revendication populaire est réprimée dans le sang. Depuis janvier 2015, le sang de Congolais ne cesse de couler, juste parce qu’ils réclament le respect de la Constitution. C’est donc avec justesse que le Cardinal Laurent Monsengwo a tenu à dénoncer cette situation dans son homélie de Pâques. « Nous sommes ignorés, bafoués, piétinés », a-t-il dit, décrivant le sort pitoyable des Congolais. Il est temps que les Congolais redressent leurs fronts longtemps courbés pour exiger une meilleure destinée. 

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