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Elections en 2017 : Corneille Nangaa rassure

Écrit par Le Potentiel. Publié dans A la Une

« La Céni travaille en prévision des élections en 2017 »

A la Commission électorale nationale indépendante, on se prépare activement pour gagner le pari de se conformer aux prescrits de l’accord du 31 décembre 2016 qui prévoient les élections fin 2017. Depuis Kisangani, Corneille Nangaa, président de la Céni, a réitéré son attachement à cet accord, invitant en même temps la classe politique à se ressaisir pour en facilitant la mise en œuvre.

« Jour J-104 ». C’est l’annonce affichée par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sur la page d’accueil de son site Internet. L’annonce renvoie juste au temps restant pour la Centrale électorale de boucler les opérations d’enrôlement sur l’ensemble du territoire national. « Est-ce qu’il y aura les élections en 2017 ? Oui. La CENI travaille dans cette optique-là », a dit lundi dernier depuis Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, Corneille Nangaa, président de la Céni. C’est dire qu’à la Céni, on se prépare pour respecter les échéances électorales fixées dans l’accord du 31 décembre 2016.

En même temps que la Centrale électorale se déploie sur le terrain dans le cadre de l’enrôlement et de l’identification des électeurs, elle s’inquiète cependant du peu d’engouement des acteurs politiques et sociaux à mettre le plus rapidement possible en œuvre l’accord de la Saint-Sylvestre. Quoi qu’il en soit, Corneille Nangaa s’est voulu confiant : « La Céni travaille en prévision des élections en 2017 ». Que cela soit entendu de cette maière-là.

Est-ce que tous les acteurs impliqués dans le processus électoral partagent la même vision que la Céni ? Ce n’est pas évident. Car, quel que soit le degré de bonne foi que pourrait afficher la Céni, son travail reste conditionné par un certain nombre de préalables, dont la plupart ne relèvent pas de sa compétence. Il y a notamment d’un côté les deux chambres du Parlement qui doivent mettre à sa disposition des textes légaux appropriés, tels que la loi sur la répartition des sièges à l’Assemblée nationale et aux assemblées provinciales, sans compter la révision de la loi électorale qui s’avère indispensable pour l’adapter à la nouvelle architecture de la territoriale. De l’autre côté, la Céni dépend financièrement du gouvernement qui couvre entièrement son budget d’exploitation, sans compter quelques interventions éventuelles des partenaires au développement.

Autrement dit, la Céni travaille dans un cadre totalement étriqué. Elle est bon gré mal gré obligée de se soumettre par moment aux sautes d’humeur du Parlement et du gouvernement. Mais, pour Corneille Nangaa, son institution se prépare activement pour répondre présente au rendez-vous de fin 2017, échéance prévue pour la tenue des élections dans le strict respect de l’accord du 31 décembre 2016.

Le plus important est que la Céni reste accrochée dans le schéma tracé dans l’Accord du 31 décembre 2016. Aussi son président plaide-t-il pour la mise en œuvre rapide et effective du compromis politique conclu sous l’égide de la Cenco pour des élections apaisées. L’appel de la Céni est à la fois une interpellation pour la classe politique et un mea culpa au cas où le processus électoral chavirait. Pour l’instant, la Céni, à en croire son  président, n’est pas inscrite dans ce schéma. Sa boussole reste, confirme une fois Corneille Nangaa, l’accord du 31 décembre. A l’instar d’autres partenaires extérieurs qui appellent activement à l’application, la Céni s’emploie, en ce qui la concerne, à jouer sa partition. Et elle le fait bien – avec les moyens mis à sa disposition. En faisant le décompte, il ne lui reste plus que 103 jours pour boucler toutes les opérations d’enrôlement. Juste après ces opérations, elle mettra le cap sur le scrutin proprement dit, a rassuré son président. 

Il appartient aux politiques de se mettre au pas pour ne pas être pris de court. A la Céni, il y a des signaux qui vont dans le sens de l’apaisement. A ce jour, la barre de plus de 20 millions d’enrôlés a été déjà franchie, contre les 45 millions projetés par la Céni. De Kisangani où il a séjourné, le président de la Céni a clairement affiché sa détermination à ramener, après 2006 et 2011, le peuple congolais aux urnes. Il s’est fixé un deadline, c’est fin décembre 2017, comme prévu dans l’accord de la Saint-Sylvestre. «Du côté de la CENI, nous avons, sans désemparer, poursuivi l’opération. Nous continuons avec l’enrôlement, nous faisons face aux défis qui sont les nôtres. Nous terminons l’enrôlement et une fois que nous aurons fini, nous passerons aux activités liées au scrutin », a indiqué Corneille Nangaa.

Comme Ponce Pilate, Corneille Nangaa cherche à se racheter. C’est aussi sa crédibilité qui est en jeu. Il ne veut pas évoluer sur les traces du tristement célèbre pasteur Ngoy Mulunda qui a organisé en 2011 les pires élections que la RDC n’ait jamais connu. Corneille Nangaa, formé dans le moule du défunt Malumalu, s’est donc imposé une discipline pour ne pas décevoir. Et chaque jour qui passe, il multiplie des actes qui vont dans le sens de l’apaisement.

Malheureusement, il n’est pas le seul élément du puzzle électoral. A côté, d’autres maillons de la chaine doivent s’intégrer dans cette dynamique. D’où, son appel au respect de l’accord du 31 décembre qu’il considère – à juste titre d’ailleurs – comme le seul cadre consensuel pour des élections apaisées à fin 2017.

Par ailleurs, il y a des questions pour lesquelles la Céni exige un engagement réel de la part des politiques. « Irons-nous aux élections en laissant d’autres provinces sans enrôlement ? Ce sont là les questions auxquelles les politiciens eux-mêmes vont devoir répondre. Les défis sécuritaires sont là », a renchéri Corneille Nangaa. Il tance à sa manière la classe politique qui ne manifeste apparemment aucun empressement dans l’organisation des élections. Le président de la Céni en est presque indigné. « Les politiciens veulent les élections, en même temps ils ne savent pas mettre en œuvre l’Accord du 31 décembre 2016. Sa mise en œuvre était censée commencer le 1er janvier 2017. Jusqu’à ce jour, le CNSA (Conseil national de suivi de l’Accord) n’est pas installé. C’est maintenant qu’on vient d’avoir un animateur du gouvernement. Tout cela, ce sont des questions qui concernent la politique ».

Ecouter la voix de la Céni

C’est par le fait, rappelons-nous, de la non-organisation des élections en 2016 que s’est justifiée la tenue à deux reprises, aussi bien à la Cité de l’Union qu’au Centre interdiocésain d’un dialogue pour parvenir à un compromis entre différents acteurs politiques et sociaux. C’est dans cet élan qu’a été signé dans un premier temps, sous l’œil complice du Togolais Edem Kodjo, l’accord, dit du 18 octobre, puis le 31 décembre 2016, avec l’accompagnement de la Cenco, un accord inclusif.

Dans ces deux fora, la Céni a été au centre de toutes les discussions. Toute l’architecture institutionnelle qui a été convenue tant à la Cité de l’Ua qu’au Centre interdiocésain a été tracée dans le but de créer un environnement propice à la tenue des élections. Autant dire que toutes les parties ont reconnu à la Céni le pouvoir de sonner l’alerte chaque fois qu’il y a déviation par rapport aux engagements mutuellement consentis.

 

C’est sans doute par devoir, le président de la Céni s’est plié à cet exercice en lançant, depuis Kisangani, son appel en vue de la mise en œuvre intégrale de l’accord du 31 décembre 2016. La Céni est convaincue d’une chose et elle est d’avis que cet accord reste et demeure le seul cadre propice pour l’aider à amener pour la troisième fois, après 2006 et 2001, le peuple congolais devant les urnes. Aux politiciens de saisir la balle au bond pour ne pas compromettre le travail remarquable abattu par la Céni. Le peuple les tient à l’œil.

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