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Gestion au pifomètre

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

On ne gère pas la chose publique comme sa ferme privée. La leçon en vaut la chandelle. Curieusement, en République démocratique du Congo, ceux qui ont érigé en règle la gestion prédatrice des biens de l’État prospèrent en toute impunité. Cette dépravation des valeurs fait en sorte que ceux qui gèrent l’argent du contribuable congolais peuvent tout se permettre, sauf remplir leur devoir d’État, celui d’assurer une justice distributive.

Il suffit seulement de suivre les dernières révélations de malversations à grande échelle dans la passation des marchés de production des passeports pour s’en rendre compte.À voir l’opacité de la vente des passeports au profit des individus, il y a de quoi tomber à la renverse.

Mais pour ceux qui suivent l’évolution de l’économie congolaise au cours de cette dernière décennie, ce n’est qu’une face révélée de l’Iceberg. Le mal est bien profond qu’il faut une cure de jouvence pour le guérir.

En effet, en cette période de pêche en eaux troubles, les gouvernants trouvent astucieusement des sommes colossales pour accomplir de sales besognes, notamment corrompre et débaucher les adversaires politiques pour se maintenir au pouvoir. La conséquence ? Dans un pays de plus de 70 millions d’habitants, seuls les invités à leur mangeoire se régalent à belles dents. Entre-temps, dans le Congo profond, la crise a atteint son paroxysme, au point que le peuple ne sait plus  sur quel pied danser.

Sur ces entrefaites, les politiques nous livrent une image macabre qui remet à la surface un passé lugubre de la dictature mobutienne.

À quoi sert-il de diriger par défi ? Pourquoi s’obstiner à pérenniser un système qui s’érige en bourreau du peuple longtemps exploité par les négriers et les colonisateurs d’abord, ensuite par ses propres fils.

 

Pour tout dire, les Congolais doivent se lever pour condamner les détournements continus des deniers publics consécutifs à la gestion au pifomètre, tolérée par les instances du pouvoir, ainsi que les conflits d’intérêt entretenus autour de cette mauvaise gouvernance.

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