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Transactions en dollars : Trump serre les vis

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

 

L’administration Trump semble plus dure que lors celle de Barack Obama qui avait privilégié la politique et la diplomatie à l’endroit des autorités congolaises accusées d'entraver le processus électoral et démocratique du pays.

Après des sanctions ciblées contre des responsables politiques et sécuritaires, Washington est passé à la vitesse supérieure en adoptant des mesures financières aux effets néfastes sur la fragile économie congolaise. Les banques européennes ont été interdites de mener des transactions en USD avec  des banques congolaises peu respectueuses des règles de la Réserve fédérale américaine. 

Il ne faut pas s'en réjouir. Il ne faut pas non plus en pleurer parce que la RDC, à commencer par ses autorités, ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes face à sa fragilité légendaire. Pays post-conflit entend-on dire à longueur des journées et d'interventions publiques, personne ne pense s'engager réellement et résolument sur la voie de l'introversion de son économie. Tous les discours entendus n'ont jamais été accompagnés d'effets parce que qu'il n'existe aucune volonté de changer l'ordre des choses actuel.

En cas de conflit, les adversaires cherchent à frapper là où ça fait très mal et souvent, c'est sur des points de faiblesses que des coups les plus mortels sont portés. Les USA, qui connaissent la situation de la RDC et soutiennent à bras le corps l'accord du 31 décembre 2016 conclu sous la médiation des évêques catholiques réunis au sein de la Cenco, avaient également promis des sanctions contre tous ceux qui se mettront au travers de ce compromis politique de dernière chance pour la survie de la RDC.

Malheureusement, dans un élan de conservation absolue du pouvoir, de tout le pouvoir, la majorité présidentielle n'a pas voulu entendre cette voix de la raison. Une crise dans la crise a été volontairement créée lorsque le moment était venu d'appliquer l'accord dans son esprit et dans sa lettre. Curieusement, l'on assiste à une violation systématique de cet accord, avec à la clé des mises en garde contre la souveraineté de la RDC exercée par des élus qui sont malheureusement hors mandat à tous les niveaux.

En l'absence de consensus pouvant permettre une période apaisée jusqu'à la tenue des élections, la MP a opté pour les manières fortes: répression d'opposants, interdiction de toute expression démocratique, instrumentalisation de la justice pour écarter les opposants les plus gênants comme Moïse Katumbi, etc. La liste est tellement longue qu'il serait superfétatoire de l’étaler dans ces colonnes.

Face à cette posture arrogante, les USA qui détiennent la cartographie financière des dirigeants congolais à travers le monde ont estimé que l'heure était venue d'empêcher que ces fonds servent aux manières fortes appliquées pour le maintien au pouvoir du président Kabila et de sa majorité.

C'est ainsi que les banques occidentales, où transitent des fonds brassés par des responsables congolais, ont été mises en garde sévèrement : plus question d'enfreindre aux règles pour satisfaire l'appétit glouton des dirigeants congolais qui ne voient pas les souffrances de leurs populations et ne sont pas à l'écoute de ce peuple  voué à la misère.

L'implosion

La conséquence de cette mesure est gravissime sur le plan social, malgré les assurances du directeur général de la Banque centrale du Congo qui semble minimiser les effets pervers d'une telle mesure sur le Congolais d'en bas! En d'autres termes, de l'argent pour les importations risquent de faire défaut. Et des produits comme le carburant, le blé, le riz, bref les biens de consommation courante ne pourraient pas être importés par l'Etat au bénéfice des Congolais ! Au-delà des individus, la population pourrait en ressentir le contrecoup et ainsi l'implosion sociale deviendrait inévitable. Il est hors de question de vendre la souveraineté du pays, mais au contraire, il s’agit de remettre les choses dans l'ordre constitutionnel normal, cela en renonçant à la multiplication des stratagèmes de maintien au pouvoir.  Tout devrait revenir à la normale afin d’éviter que pareilles mesures soient prises contre la RDC.

Il revient à tout patriote congolais de prendre conscience de ce danger, réagir de manière à inviter les autorités à  s’abstenir des comportements répréhensibles qui rendent davantage fragile le pays.

 

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