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Coopération internationale : la RDC infréquentable, selon l’OCDE

Écrit par Le Potentiel, mercredi le . Publié dans A la Une

La persistance de la crise politique en RDC isole de plus en plus Kinshasa de ses partenaires extérieurs. Tancé par les Nations unies, l’Union européenne ainsi que par plusieurs institutions multilatérales à cause du blocage dans le processus démocratique, Kinshasa est aussi indexé par l’OCDE. Cette institution déconseille les 36 pays membres de « rester engagés avec les institutions d’un pays où il y a un manque de volonté politique et dont le gouvernement peut être (…) considéré comme illégitime ». Pour l’OCDE, une telle coopération « peut avoir un effet pervers ». Dès lors, la RDC paraît infréquentable aux yeux des pays membres de l’OCDE.

Jusqu’où va aller l’isolement de la République démocratique du Congo. Outre les sanctions prises par les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne contre des responsables civils et militaires coupables de persécution de la démocratie et/ou de violation des droits de l’Homme, les partenaires de la République démocratique du Congo envisage carrément de « réorienter » leur politique de coopération avec Kinshasa.

La persistance de la crise politique en RDC et surtout l’absence de volonté politique pour sortir de cette situation obligent les partenaires au développement de la RDC à adopter des mesures devant fragiliser davantage le régime en place à Kinshasa tout en continuant tout de même à assister les populations congolaises dans le cadre purement humanitaire.

La Belgique fait partie de ces pays qui n’entendent pas continuer à cautionner la politique jusqu’auboutiste de Kinshasa obstiné à conserver le pouvoir par tous les moyens. Les partenaires de la RDC sont des pays épris de démocratie, du respect de droits de l’Homme. Ces pays veulent que la RDC, comme tous les autres pays avec lesquels ils coopèrent, puisse respecter les termes de leur coopération qui prennent en compte un certain nombre de valeurs. Sinon, on se met en marge de ces nations civilisées. La conséquence serait notamment la réorientation de la politique de coopération.

Au cours d’une conférence sur la démocratie tenue le lundi 9 octobre au parlement belge, l’émissaire belge pour la région des Grands Lacs, Renier Nijskens, a été on ne peut plus clair sur le cas de la République démocratique du Congo, où « la démocratie est en crise » suite à l’absence d’élections devant assurer l’alternance en décembre 2016. L’ambassadeur Renier Nijskens redoute que l’absence d’élections en 2017 pourrait entraîner une « réorientation » de l’aide belge à Kinshasa, selon la Libre.be.

La démocratisation dans le monde entier – et en RDC en particulier, car ce pays est « un élément de la politique intérieure belge » – est une constante de la diplomatie belge, a souligné M. Nijskens au cours de cette conférence. « Nous avons le droit et l’obligation de nous intéresser aux processus démocratiques en général et, au Congo en particulier », en raison notamment de conventions bilatérales et multilatérales, a ajouté M. Nijskens.

De son côté, un conseiller du ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open Vld), Eric Willemaers, a, pour sa part, évoqué une possible «réorientation » de la coopération belge envers la RDC – moins structurelle et davantage humanitaire, pour ne pas pénaliser la population – s’il s’avère que les engagements pris mutuellement ne sont pas tenus, notamment en matière de respect des droits de l’Homme, comme cela s’est déjà produit au Burundi, pays  plongé depuis deux ans dans une crise politique profonde par le maintien au pouvoir du président Pierre Nkurunziza au-delà de son second mandat.

Cette coopération pourrait passer « du structurel vers l’humanitaire », a prévenu ce collaborateur du ministre belge de la Coopération au développement. Bien plus, le conseiller se pose des questions sur l’efficacité d’une coopération avec un pays peu respectueux de valeurs républicaines.

« Nous pouvons effectivement nous poser des questions sur l’efficacité de la coopération bilatérale, gouvernementale, dans la promotion de la démocratisation. Malheureusement, nous constatons dans plusieurs pays (dont la RDC), une déficience sur plusieurs niveaux (comme) la volonté politique de mettre en œuvre les objectifs de développement que nous nous sommes convenus, de mettre en œuvre les projets, de respecter les engagements mutuels », a souligné M. Willemaers. 

Selon lui, un récent rapport de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, un club de 36 pays en général riches) indique que « rester engagé avec les institutions d’un pays où il y a un manque de volonté politique et dont le gouvernement peut être (…) considéré comme illégitime peut avoir un effet pervers ».

« Rester engagé dans un cadre strict, dans une relation de coopération (inter)gouvernementale, notamment en investissant dans un gouvernement et ses institutions peut avoir un effet pervers », a renchéri le conseiller de M. De Croo – qui a affirmé le mois dernier que le Congo n’était « pas un Etat, mais un système d’enrichissement personnel ». « La coopération donne le minimum minimorum à des gouvernements » pour leur permettre d’assurer « un semblant de service envers la population au niveau de la santé et de l’éducation », a fait valoir M. Willemaers.

A scruter de près, ces positions clairement affichées, la RDC n’est plus fréquentable tant qu’elle se mettra en marge des nations modernes et civilisées.

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