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France : Macron assume son style et défend ses réformes à la télévision

Écrit par Robert Kongo (correspondant en France), mardi le . Publié dans Internationale

Emmanuel Macron a affirmé qu'il allait continuer « avec le même rythme et la même détermination » son programme de « transformation radicale » de la France, malgré les critiques selon lesquelles il privilégierait les plus riches.

« Surtout, je fais ce que je dis. C'est en effet assez nouveau », a affirmé le président français lors de sa première interview télévisée, accordée à TF1 et LCI, pour résumer les cinq premiers mois de sa présidence.

«  Je ne suis pas là pour gérer. Je suis là pour transformer » la France et «  je continuerai au même rythme et avec la même détermination ».

Au cours d'un entretien d'une heure et douze minutes dans un salon de l'Elysée, Emmanuel  Macron s'est surtout attaché à faire de la pédagogie sur les décisions prises depuis son élection, sans faire de nouvelles grandes annonces. Il a ainsi tenté de répondre point par point aux critiques qui ont entraîné une baisse marquée dans les sondages durant l'été.

A ceux qui, dans une partie de son électorat, jugent ses premières réformes trop à droite, il  a assuré que « la plénitude des réformes » et « leurs effets sur le chômage seraient visibles » dans un an et demi, deux ans ». « Le chômage est en train de baisser », a-t-il fait remarquer.

Répondant à l'accusation de « président des riches », il a affirmé que lui et son gouvernement s'occupaient de «  la France où les choses vont mal », sans pour autant  " croire "  en la " jalousie " envers les " riches ".

« Quand on décide d'aider celles et ceux qui travaillent, aussi modestes soient-ils, par des réformes en profondeur, on s'adresse aux classes moyennes et aux classes populaires », a poursuivi Emmanuel Macron, interrogé par les journalistes David Pujadas, Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau.

Emmanuel Macron veut " que l'on célèbre " ceux qui réussissent, car « si on commence à tirer des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole ».

Langage  populaire

Le président a assumé son style, dont l'image a été mise à mal par une série de polémiques depuis cet été. Il s'est ainsi défendu d'avoir voulu  " humilier " ou d'avoir été " clivant " en employant des termes comme " fainéants ", " cyniques " ou «  bordel ».

« Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours en quelque sorte aseptisé. Et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité », s'est-il justifié.  «  En l'espèce, le mot bordel  c'est du registre populaire, comme dit l'Académie française », a plaidé le président français.

Il a justifié sa décision de n'avoir pas donné d'interview télévisée en cinq mois, notamment en n'accordant pas l'entretien traditionnel du 14 juillet.

« J'ai pris la décision de ne pas avoir une présidence bavarde, de ne pas parler tout le temps parce qu'il faut que la parole présidentielle garde de la solennité », a-t-il précisé.

« Je tiens beaucoup à l'esprit de nos institutions », a-t-il dit, en défendant son mode de gouvernance, qualifié par certains de « jupitérien ». 

Assurant avoir " pleine confiance " en lui, il a précisé que le Premier ministre, Édouard Philippe,  prenait « les décisions quotidiennes » mais « à la fin des fins, les décisions stratégiques sont prises par le président de la République ».

Interrogé sur des sujets d'actualité, Emmanuel Macron a affirmé avoir  " engagé les démarches "  afin que la Légion d'Honneur soit retirée au producteur américain de cinéma Harvey Weinstein, accusé de viols, agressions ou harcèlement sexuels.

Il a souhaité qu'une "procédure de verbalisation plus simple" des actes de harcèlement "pour qu'il y ait une réponse immédiate", en déplorant qu' "aujourd'hui, bien souvent, on ne va pas porter plainte, parce qu'on n'ose pas".

Il a aussi annoncé que les étrangers en situation irrégulière qui commettraient un délit seraient expulsés.

Peu interrogé sur le contexte international,  Emmanuel Macron a redit son " désaccord "  avec le président américain,  Donald Trump, sur le dossier du nucléaire iranien et indiqué qu'il prévoyait bien de se rendre en Iran  " au moment voulu ", ce qui serait la première visite d'un chef d'Etat français en Iran depuis 1976.

« Auto-satisfaction »

Parmi les premiers à réagir à l'entretien, le porte-parole du gouvernement,  Christophe Castaner,  a loué « un discours clair, un cap ambitieux, une vision précise ».

Mais Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, y a vu " un exercice d'auto-satisfaction bien loin des préoccupations quotidiennes des Français".

Pour Eric Coquerel, député de la France Insoumise : « Emmanuel Macron avait 60 minutes pour convaincre. C'est fait: il est bien le président des riches et du mépris pour ceux qui luttent ».

Pour les éditorialistes, Emmanuel Macron a montré qu'il maintenait " le cap " en restant " droit dans ses bottes " sans pour autant convaincre tout le monde.

Enfin, plus de six Français sur dix (61 %) disent ne pas avoir été convaincus, par le chef de l'Etat, selon un sondage Harris Interactive pour RMC publié lundi. Seules, 39 % des personnes interrogées sont d'un avis contraire.

 

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