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Grande manœuvre sur le marché mondial du cobalt : la RDC au cœur des enjeux

Écrit par RFI/LP le . Publié dans Economie

Ça bouge sur le marché mondial du cobalt. Avec la forte expansion des véhicules électriques, la demande de cobalt explose. Premier producteur mondial du précieux métal, la RDC est au cœur de grands enjeux.

Selon un article paru récemment dans la revue Mining News Digest, largement relayée sur Internet, la demande en batteries pour véhicules électriques du constructeur automobile allemand, VW, requiert l’approvisionnement de 80 à 130 mille tonnes de cobalt en 5 ans, soit environ 25 mille tonnes de cobalt/an, alors que la production minière mondiale en cobalt n’est, à ce jours, que de 100 mille/an. Ce qui revient à dire que, dans l’hypothèse où la production minière de cobalt devrait se stabiliser à son niveau actuel, l’allemande, VW, absorberait à elle seule presque le tiers de la production mondiale.

Il faut aussi prendre en compte le fait que : Volvo envisage de ne fabriquer plus que des véhicules électriques ou hybrides à partir de 2019, BMW, TESLA et bien d’autres (Peugeot, Renault, etc.) sont également dans cette course.

La demande en cobalt est donc appelée à exploser dans les tout prochains mois avec pour effet de tirer les prix vers la hausse. Or, à ces jours, c’est la RD Congo qui, avec ses réserves d’environ 8 millions de tonnes, assure plus de 80 % de la production mondiale de cobalt. Dans une telle situation de quasi-monopole, le Congo est bien placé pour prendre le contrôle du marché de ce métal de manière à être presque seul à en influencer les cours.

Les pays de l’OPEP le font avec plus ou moins de bonheur pour le pétrole, et dans le passé, des regroupements internationaux comme CIPEC et ITC ont réussi à contrôler les prix du cuivre et de l’étain rien que par la régulation des stocks sur le marché.

Dans les rangs de grands consommateurs mondiaux du cobalt, on pense déjà à la mise sur pied d’une cellule stratégique sur les mines devant les orienter notamment pour de telles matières. Alors que le monde s’organise pour garantir ses sources d’approvisionnement en cobalt, la RDC, qui compte les plus grandes réserves mondiales de ce métal, est inconsciente des enjeux qui se joue à ses portes.

Le boom du Cobalt

A noter que les cours du cobalt ont atteint leur plus haut niveau depuis 2010. Un niveau qui reflète l’intérêt des investisseurs pour ce métal. Une matière première qui entre dans la composition des téléphones portables ou des voitures électriques.

Certes, on est encore loin des records de 2008. Mais depuis septembre dernier, le prix du cobalt a augmenté, de plus de 50%. En 2016, la demande mondiale de cobalt a dépassé l’offre. La faute à des spéculateurs, qui ont acheté, puis stocké près de 17% de la production mondiale de cobalt, l’an dernier. Une demi-douzaine de fonds d’investissement comme notamment le Suisse PALA Investments et le chinois Shanghai Chaos ont, en effet, acheté ces derniers mois près de 6 000 tonnes de cobalt.

Ces investisseurs parient sur une forte hausse de ce métal, particulièrement recherché pour fabriquer les piles et les batteries destinées aux téléphones portables, aux tablettes et aux voitures électriques. Dans leur ligne de mire : le marché du mobile et surtout le boum de la voiture électrique. Les grandes qualités du cobalt le rendent, en effet, très difficile à remplacer, dans les produits de haute technologie.

Cette ruée des investisseurs est rendue possible, car les réserves mondiales se concentrent dans des zones géographiques, où il y a très peu de règlements environnementaux et de régulations du droit du travail. C’est notamment le cas de la RDC. La RDC est, aujourd’hui, le premier réservoir de cobalt. Soit près de 60% de la production mondiale. Des investisseurs qui font fi des conditions dans les mines artisanales où les travailleurs risquent, en permanence, des accidents mortels … Pour à peine un dollar par jour.

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