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Front de l’Opposition : éviter le discrédit

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

En publiant le dimanche 5 novembre le calendrier électoral, la Céni a pris à contrepied l’Opposition qui, apparemment, peine à parler à l’unisson. La déclaration commune attendue, lundi, n’a pas été au rendez-vous. Renseignements pris, les violons sont loin de s’accorder entre les principaux leaders du Front pour l’alternance. La MP jubile, l’Opposition joue désormais sa survie. Par conséquent, cette dernière devrait vite se ressaisir et éviter le discrédit.

La publication le week-end du calendrier électoral par la Commission électorale indépendante (Céni) a davantage divisé l'opposition. Hier lundi, alors qu’on s’attendait à une déclaration commune de cette dernière, l’opinion a eu plutôt droit à une guerre de clans au sein du Front pour l’alternance, un nouveau regroupement politique de l’Opposition que l’on donnait plus fort et plus étendu pour l’aboutissement du combat démocratique.

Apparemment, l’Opposition, qui pensait avoir retrouvé son unité en marge du dernier passage en RDC de l’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Mme Nikki Haley, est retombée dans ses vieux travers. Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on.

Retour de la manivelle

Il ne s'agit pas d'un simple jeu de positionnement. Ici, il est question d'absence d’options fondamentales qui crédibiliserait l'opposition dans sa configuration lors de la visite de l'ambassadrice américaine Nikki Haley. Le rendez-vous manqué de lundi ferait courir à l’opposition le risque de discrédit dont la majorité au pouvoir se régalerait à gorge déployée. La communauté internationale, elle aussi,  pourrait regarder par deux fois avant de continuer à croire en la capacité de l’Opposition à se dresser en force alternative à la MP.

En clair, l’attitude des leaders de l’Opposition, à en croire des observateurs avertis, favoriserait le statu quo. Dans la mesure où celle-ci a sillonné des capitales occidentales pour obtenir de la communauté internationale des pressions qui ont abouti à la publication du calendrier électoral par la Céni.

Après avoir résisté, la centrale électorale a finalement cédé aux pressions de l’ambassadrice américaine Nikki Haley qui, lors de son séjour en RDC, avait tapé du poing sur la table pour exiger la tenue de la présidentielle en 2018. En diplomatie, le fait pour la Céni d'avoir écouté l'exhortation d'un partenaire est un signe plutôt positif. Ce qui lui accorde davantage de crédit. Quant à l’opposition, elle a campé sur sa position qui, en réalité, rejoint celle de la majorité silencieuse des Congolais. Ceux-ci, on le sait, ne jurent que par des élections en décembre 2017, conformément à l'Accord du 31 décembre 2016 signé sous la facilitation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Du fait de la divergence des vues entre les leaders de l’Opposition, la fin de non-recevoir réservée au calendrier électoral de la Céni s’est résumée en quelques actions sans grande envergure. Et pourtant coordonnées et entendues à l’ensemble du territoire national, ces actions devraient sonner le glas de la fin du régime Kabila. Les quelques manifestants qui se sont illustrés au marché central de Kinshasa et dans les environs ont été vite réprimés et dispersés. Il en a été de même de ceux qui ont tenté de barricader la route Poids lourds.

C'est dans cette ambiance que le démon de la division et de la cacophonie s'est installé dans l’opposition que l’on croyait repartir, après le passage de Nikki Haley, de bon pied et à l’unisson pour la conquête du pouvoir. Pour le Rassemblement, talonné par l'UDPS et le G7, il est hors de question de laisser Kabila régenter la période transitoire au risque de bouffer cette rallonge comme il l'a fait en 2017, mettant en mal l'application de l'Accord de la Saint-Sylvestre. Position qui est rejetée par l'UNC et le MLC.

L'opposition, qui ne peut s'exprimer librement à l'intérieur des frontières nationales, a trouvé des appuis sans précédent auprès de la communauté internationale, notamment auprès des Etats-Unis, soutenue dans sa démarche par l’Union européenne et les Nations unies. Des déclarations publiques sans ambiguïtés ont soutenu les actions et initiatives favorables à l'opposition. Des résolutions du Conseil de sécurité, généralement pilotées par la France, ont pris en compte toutes les revendications de l'opposition dans le sens de l’alternance démocratique par la voie des urnes.

A Washington, le président Donald Trump a délégué sur place en RDC son ambassadrice à l'ONU, Mme Nikki Haley, pour impulser un nouveau souffle au processus électoral. En recevant l’Opposition, à l’étape de Kinshasa, l’ambassadrice américaine à l’ONU a prodigué de sages conseils aux principaux ténors de l’Opposition à se constituer en front commun pour jouer un rôle dans le projet de jeu démocratique.

On pensait que l’Opposition s’était assagie et pouvait faire face à la MP. Mais, lundi, on en a la preuve contraire.

S’unir pour survivre

En publiant le calendrier électoral, la Céni semble avoir pris de court toute l’Opposition. Tous les opposants qui comptent ont rejeté en bloc ce calendrier électoral. Ont-ils eu tort de n'accorder aucun crédit au calendrier de la Céni ? Que non, dans la mesure où tout chat échaudé craint l'eau froide. La Céni qui se comporte en véritable appendice de la majorité ne peut jouir de la confiance de l'opposition, ni de la population. La preuve a été donnée par l'indifférence qui a accueilli la publication de ce calendrier qui était plutôt très attendu. Pire, nul ne peut prétendre à un quelconque caractère consensuel du calendrier. L'opposition ayant été superbement ignorée, a confié un haut responsable.

Face à ce dilemme, l'opposition, particulièrement le Rassemblement, joue gros sur sa crédibilité auprès des partenaires et de la population congolaise. Pour s’en sortir, le Rassemblement doit resserrer ses rangs et réussir son unité en adoptant des lignes de conduite et en levant des options clairement définies. Le duo Katumbi-Tshisekedi doit indiquer la voie à suivre par la population pour aboutir à cette alternance qu'elle porte comme démarche politique à court et moyen termes. Ne pas y parvenir ne serait ni plus ni moins qu'un échec avec en prime du discrédit.

D’autre part, il serait contreproductif d'humilier l'émissaire américaine qui a obtenu des élections en 2018. Si rien n'est fait pour expliquer à la communauté internationale le bien-fondé d'une transition sans Kabila, c'est un deuxième discrédit qui ternirait encore une fois l'opposition dans sa manière de conduire le peuple congolais vers l'alternance démocratique. Il s’agit, en définitive, d’opérer de bons choix.

L’Opposition est à la croisée des chemins. Elle joue sa survie. Elle a devant elle deux options à lever, soit consolider son unité, soit écouter les recommandations de la communauté internationale.

 

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