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Pas d’élections apaisées sans décrispation politique

Écrit par Le Potentiel le . Publié dans A la Une

Si l’UE se félicite du calendrier électoral de la Céni au motif que document donne une certaine visibilité au processus électoral, elle estime, cependant, qu’il ne pourrait y avoir des élections si le pouvoir n’envoie pas de signaux rassurants dans la voie de la décrispation politique. Il s’agit pour l’essentiel de mettre fin au dédoublement des partis politiques, aux sanctions pénales et aux poursuites judiciaires politiquement motivées contre des acteurs politiques, dont Moïse Katumbi, candidat président de la République.

En publiant le calendrier électoral, la Céni a fait un pas important dans le sens de la tenue d’élections en République démocratique du Congo. Si l’Union européenne salue l’acte posé par la Céni dans la mesure où il donne plus de visibilité au processus électoral, elle ne pense cependant livrer un chèque en blanc autant à la centrale électorale qu’au pouvoir en place à Kinshasa. L’Union européenne attend voir des signes d’apaisement pour se convaincre de la volonté des uns et des autres d’aller finalement aux élections.

Dans une déclaration rendue publique par Mme Catherina May, porte-parole de la Commission européenne, les 27 pays membres de l’UE  estiment que « l'annonce du calendrier électoral ouvre le cycle des élections en République démocratique du Congo qui doit mener à une transition démocratique ». Est-ce que cette publication à elle seule, garantit la tenue d’élections ?  L’UE émet des réserves.

Selon elle, « pour réunir les conditions d'élections crédibles et inclusives, il est primordial de mettre en œuvre les mesures de décrispation politique nécessaires, dans le respect de la Constitution et de l'accord du 31 décembre 2016 ». Ce compromis politique dit de la Saint  Sylvestre a, aux termes de ses prescrits, levé des options claires et nettes concernant la décrispation politique et la fin du dédoublement des partis politiques. Sur ce point précis, l’UE n’entend donc pas transiger sur les règles.

A cet effet, elle rappelle que « dans ce cadre, l'Union européenne travaillera avec les acteurs congolais et ses partenaires, en particulier les Nations Unies, l'Union Africaine, la Communauté de développement de l'Afrique australe et l'Organisation Internationale de la Francophonie, pour contribuer à atteindre cet objectif ». Partie prenante de l'équipe conjointe d'experts mis en place en marge en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies le 19 septembre 2017, l’UE réitère toute sa disponibilité à « accompagner la mise en œuvre du processus électoral ».

Les préalables pour des élections apaisées

Comme toujours, les partenaires extérieurs de la RDC s’accrochent à l’accord du 31 décembre 2016, compris comme seul cadre, selon eux, à même de garantir la tenue d’élections dans un climat apaisé. Certes, la publication du calendrier électoral est une avancée significative dans la voie vers l’alternance démocratique, mais dans les milieux de la communauté internationale, on attend des gestes qui rassurent. Aussi l’UE insiste-t-elle sur l’impératif d’accélérer la mise en œuvre de la décrispation politique en levant tous les verrous qui empêchent les opposants de jouir pleinement de leurs droits. Dans ce même registre, la décrispation politique implique également la fin du dédoublement des partis politiques.

Sur ce point précis, la majorité au pouvoir s’était arrangée, en se servant de son emprise sur le ministère de l’Intérieur, de dédoubler différents partis de l’Opposition. Le G7, l’un des regroupements politiques du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, a été le plus visé. A ce jour, la majorité de partis du G7 ont un correspondant dans la Majorité présidentielle. Ce qui ternit le jeu démocratique que l’UE redoute pour la suite des opérations liées au processus électoral.

A tout prendre, la position de l’UE pose un préalable incontournable dans le long chemin qui mène aux élections. Et elle a raison. Comment garantir des élections apaisées dès lors que le climat politique est plombé par des sanctions pénales et des poursuites judiciaires politiquement motivées à l’encontre de certains opposants. Le cas de Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, est bien flagrant. Ce dernier est depuis 2015, forcé à l’exil.

L’on se rappelle qu’en vertu de l’accord du 31 décembre 2016, la Cenco avait reçu mission de faire toute la lumière sur le cas Katumbi. Sa conclusion a été sans appel, le président du TP Mazembe devait être lavé de griefs mis à sa charge dans le verdict rendu en son temps par le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo.

D’autres personnalités politiques de l’Opposition, tels qu’Eugène Diomi Ndongala, Franck Diongo et Jean-Claude Muyambo, croupissent toujours en prison pour des griefs montés de toutes pièces en haut lieu du pouvoir de Kinshasa.

Quoi de plus normal donc que l’UE revienne sur le préalable de la décrispation politique pour garantir l’équilibre dans le jeu politique entre différents acteurs politiques. On attend donc voir Kinshasa poser des gestes qui vont dans ce sens et confirmerait sa ferme volonté d’aller réellement aux élections. Dans le cas contraire, ce serait l’éternel commencement et le calendrier électoral du 5 novembre 2017 risque de connaître le sort de bien d’autres publiés sous le règne de feu M. l’Abbé Malumalu, à savoir le placard. Personne n’a intérêt à voir la RDC replonger dans une crise politique indescriptible.

 

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