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Protection de l’enfant : la RDC s’inspire des expériences marocaine et ivoirienne

Écrit par Donatien Ngandu Mupompa le . Publié dans Société

Le Bureau international des droits des enfants (IBCR) appuie le renforcement du système de protection de l’enfant en RDC, en collaborant plus étroitement avec la police, le personnel de justice et les travailleurs sociaux.

Dans le cadre du projet « Batela Mwana », financé par Affaires mondiales Canada, le Bureau international des droits des enfants (IBCR) a organisé du 6 au 7 novembre 2017 à l’hôtel Sultani de Gombe un atelier de restitution des voyages d’échanges au Maroc et en Côte d’Ivoire entre les professionnels des secteurs de police, justice et travail social.

Cette activité a été rehaussée de la présence du représentant du ministre des Affaires sociales, M. Flory Mutiri. Il y a eu aussi M. Nicolas Simard, ambassadeur du Canada en République démocratique du Congo, sans oublier des responsables de la Police nationale congolaise, du ministère de la Justice et des travailleurs sociaux.

Dans son mot d’ouverture, M. Serge Bouopda Guechou, chef de Projet de l’IBCR, a fait une brève présentation de cette structure qui est une organisation internationale non gouvernementale créée en 1994, et établie au Canada. Celle-ci a pour mission de contribuer au respect et à la promotion des droits de l’enfant, conformément aux exigences prescrits par la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), adoptée par les Nations unies en 1989 et par ses protocoles facultatifs.

Quant au projet « Batela Mwana » qui est financé par Affaires mondiales Canada, il s’étend sur cinq ans (2015-2020). Il est placé sous la tutelle du Ministère des Affaires sociales, en coordination avec le Ministère de la Justice, et le Ministère de l’Intérieur et Sécurité.

Justifiant cet atelier de restitution, M. Serge Bouopda Guechou a déclaré que ceci fait suite à la réalisation effective  de deux voyages d’échanges qui se sont tenues du 25 septembre au 4 octobre 2017 au Maroc, et du 17 au 28 octobre 2017 en Côte-d’Ivoire.

Au total, treize membres du Groupe de travail multisectoriel ont pris part à ces voyages avec comme but de s’informer et de capter toutes les avancées qui y existent en matière de protection de l’enfant, afin de s’en approprier pour contribuer à faire avancer les processus et mécanismes congolais en la matière.

Pour sa part, l’ambassadeur du Canada a relevé que la situation de l’enfant en RDC n’est pas radieuse. Quant au projet « Batela Mwana », il a réalisé depuis deux ans une série d’activités qui ont réussi à éveiller l’intérêt des partenaires. Pour lui, maintenant que les bases se solidifient, il est temps de mettre des bases solides. Il a souligné : « Nous avons plein d’espoirs que ce projet va permettre aux professionnels de développer leurs compétences ».

Appliquer les bonnes pratiques d’ailleurs

De son côté, le directeur de cabine adjoint du ministre des Affaires sociales a exprimé, au nom du ministre, sa profonde gratitude à l’endroit de l’Ambassade du Canada à cause de son engagement pour le bien-être de l’enfant congolais. Il a dit que cette cérémonie allait contribuer à la rénovation du système de protection de l’enfant congolais ; et que son ministère restait disposé à répondre positivement à toutes les préoccupations des participants.

Le succédant, M. Hilaire Kalume, représentant du Groupe multisectoriel du projet « Batela Mwana », a fait remarquer que ce projet est doté des organes multisectoriels, entre autres le comité de pilotage, et qu’il a pour but le renforcement du système de protection de l’enfant sur tout le territoire congolais. 

Enfin, les professionnels des secteurs de la police, du ministère de la Justice et du travail social qui étaient au Maroc et en Côte d’Ivoire se sont succédés au micro pour annoncées les bonnes pratiques découvertes dans ces deux pays, et que devra faire siennes l’Etat congolais.

C’est ainsi qu’à titre de recommandations, un professionnel du secteur de la justice, le magistrat Hilaire Ngoie, président du tribunal pour enfants, a parlé de la possibilité de permettre aux juges pour enfants de siéger avec deux assesseurs, de la création d’un cadre de rencontre entre les juges pour enfants et les parents des enfants en conflit avec la loi.

Dans le secteur de la police, l’intervenant a parmi les bonnes pratiques, parlé de la formation des policiers à tous les niveaux. Il a aussi recommandé la conception des modules de formation de base et la formation continue des policiers par compétences. Il a aussi recommandé la création d’une académie de police et une école de formation dans chaque province. Et aussi, l’installation d’une base de données statistiques de toutes les catégories d’enfants.

Au volet social, M. Kalume a fait siennes  les recommandations faites par la justice et la police. Néanmoins, il a relevé que les ministères qui s’occupent de la protection de l’enfant n’ont pas des documents de politique nationale.

Pour sa part, il a recommandé la réhabilitation des centres de promotion sociale et la formation des travailleurs sociaux, et l’élaboration d’un mode opératoire pour le travail social.

Avant de déclarer clos cet atelier de restitution, le ministre des Affaires sociales a, à travers son représentant, promis d’œuvrer ensemble pour améliorer les conditions de prise en charge de l’enfant. Il a rassuré que le gouvernement prendra en compte toutes les recommandations. Il a fini par dire qu’en RDC, beaucoup d’efforts sont fournis pour que les enfants puissent jouir de leurs droits.

 

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