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Un projet de recherches sur les bantus annoncé dans cinq provinces de la RDC

Écrit par Bienvenu Ipan le . Publié dans Culture

Le projet BantuFirst ou les premiers bantouphones au sud de la forêt équatoriale est une étude pluridisciplinaire de la migration humaine, de l’expansion des langues, du changement climatique et de l’agriculture ancienne en Afrique centrale (2018-2022).

 

 

En collaboration étroite avec ses partenaires congolais, l’équipe du projet de recherches Kongoking envisage d’entreprendre un nouveau projet de recherches pluridisciplinaires sur le passé des ancêtres lointains des communautés bantouphones des provinces du Kongo-Central, du Maï-Ndombe, du Kwilu, du Kwango et de l’Équateur. Ce projet sera financé par le Conseil européen de la recherche (CER).

 

L’équipe de chercheurs, auteurs de ce projet, a été devant la presse, le mercredi 9 novembre 2017 au Centre Wallonie-Bruxelles, à Gombe.Il s’est agi de professeurs Koen Bostoen et Bernard Clist de l’Université de Gand et le professeur Igor Matonda Sakala de l’université de Kinshasa. Ils ont précisé que l’expansion bantoue est non seulement le principal événement linguistique, culturel et démographique de la fin de l’Holocène en Afrique centrale, mais elle est aussi l’un des sujets les plus discutés en histoire africaine.

 

Comprendre la chronologie bantouphone

 

Plusieurs générations de linguistes, d’archéologues, d’anthropologues, de paléo-environnementalistes, de généticiens, et d’experts de bien d’autres disciplines ont œuvré pour comprendre comment la famille des langues bantoues, qui est une branche relativement jeune du Niger-Congo (environ 5000 ans de profondeur historique), a pu s’installer sur des territoires si vastes en Afrique centrale, orientale et australe.

 

Leur démarche scientifique a cependant été trop souvent mono-disciplinaire. À en croire ces chercheurs, actuellement, le modèle le plus largement accepté voit l’expansion linguistique bantoue comme étant la résultante d’un unique macro-événement migratoire associé à l’agriculture.

 

Cependant, beaucoup de questions fondamentales sur les premiers locuteurs de langues bantoues, leur mouvement et leur mode de subsistance restent sans réponse et ne peuvent être comprises que par une réelle action interdisciplinaire que ces professeurs proposent dans ce nouveau projet. Au sein de ce projet, des chercheurs de différents domaines collaboreront sur la zone géographique de l’Afrique centrale dans les domaines de l’archéologie, de la paléo-économie, du paléo-environnement et de la linguistique historique pour former une équipe interdisciplinaire. Ils réaliseront des recherches de pointe concernant les habitats des premiers bantouphones installés au sud de la forêt équatoriale autour d’il y a 2500 ans.

 

La recherche archéologique sera conduite dans certaines parties de la République démocratique du Congo (surtout le Bas-Congo et le Bandundu), de la République du Congo, de la République d’Angola et/ou du Gabon, dans des secteurs encore inconnues des archéologues afin de comprendre la chronologie, la localisation et la dynamique des premières communautés bantouphones et leur interaction avec les chasseurs-collecteurs préexistants. Afin de mieux comprendre leur mode de subsistance et leur environnement, une attention particulière sera apportée aux données paléo-environnementales et paléo-économiques qui restent peu étudiées dans les contextes archéologiques de l’Afrique centrale.

 

Nouveaux axes de recherches

 

La linguistique historique dépassera les actuelles limites de la phylogénétique basée sur le vocabulaire de base, méthode qui reste prédominante dans les études classificatoires bantoues. Elle ouvrira de nouveaux axes de recherches pour la reconstruction lexicale, en particulier par rapport aux stratégies de subsistance et d’utilisation des terroirs par les premiers locuteurs de langues bantoues. Par le biais d’une collaboration interuniversitaire, des équipes spécialisées en archéozoologie, en paléo-environnement, en génétique, ainsi qu’en modélisation phylogénétique seront intégrées dans leur approche pluridisciplinaire.

 

De cette manière, indiquent ces professeurs, les chercheurs travaillant sur des données différentes et isolées vont collaborer directement pour se confronter à des questions de recherches pour obtenir une nouvelle compréhension transversale des interconnexions entre migration humaine, expansion linguistique, changement climatique et les débuts de l’agriculture à la fin de l’Holocène en Afrique centrale et révolutionner notre compréhension de l’expansion bantoue.

 

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