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Lokondo prévient ses pairs députés : « ce projet de loi va nous faire entrer dans une zone de turbulence »

Écrit par LP le .

Les innovations apportées par le gouvernement dans le projet de loi électorale, à savoir le seuil de l’éligibilité, la caution, l’usage de la machine à voter, divisent la représentation nationale. L’Opposition parlementaire fait déjà bloc sur cette question. Elle a claqué la porte des discussions en plénière, samedi 2 décembre, pour ne pas cautionner ce qu’elle considère comme la messe noire du PPRD avec la Céni.

Pour les élus de l’opposition, l’insertion dans cette loi, du seuil de l’éligibilité rompt le pacte républicain issu de l’accord de SUN-CITY. Les opposants sont contre la machine à voter voulue par la CENI ainsi que la caution reprise dans la loi électorale sous examen.

La suite de la plénière monocolore, ne l’a pas été pourtant. Les interventions enregistrées dénotent des divergences majeures et des doutes au sein même de la Majorité sur les nouvelles options préconisées.

Des innovations « sataniques »

Réputé libre d’esprit au sein de la MP, Henri-Thomas Lokondo a appelé ses pairs élus à la prudence. « Ce projet de loi modificatif va nous faire entrer dans une zone de turbulence. Une loi qui peut occasionner un séisme d’une forte magnitude sur l’échelle nationale. Ce projet de loi n’est pas seulement complètement inconstitutionnel mais il est satanique et caporalisant…», a-t-il prévenu.

Dans son intervention, Henri-Thomas Lokondo a fait savoir que l’article 118 de la loi sous examen qui institue le seuil d’éligibilité s’oppose à la Constitution. « Et même avec la réduction du seuil de 3 à 1%, le satanisme reste », a-t-il dénoncé avant de souligner l’inconstitutionnalité du seuil d’éligibilité. « Ni la Constitution, ni la loi électorale moins encore la loi sur les partis politiques n’autorise ou ne reconnait le regroupement des indépendants… Un indépendant est une personne physique qui concoure dans une circonscription électorale donnée. Comment alors vous pouvez appliquer le fameux seuil de représentativité sur une seule personne physique ? », a-t-il interrogé.

S’agissant de la machine à voter, Lokondo a vite trouvé le terme. « C’est la machine à tricher parce que tout est programmé… On peut programmer la défaite d’un candidat », a-t-il dénoncé. L’élu de Mbandaka n’est pas aussi d’accord avec les cautions proposées.  Elle est fixée à 100 dollars par siège pour l’élection législative. « Si la RDC vote un budget modique et insignifiant de 5 milliards de dollars, cela veut dire qu’elle-même, elle est pauvre. Comment dès lors demander à un professeur d’université ou à un directeur de la fonction publique dont la candidature n’est pas fantaisiste de payer ce genre de caution ? Une telle caution installe une démocratie oligarchique des bourgeois compradores. », a-t-il indiqué. Sa conclusion a été claire : « l’opinion générale est contre ce projet de loi qu’il juge non consensuel et tricheur ».

Dans la foulée, d’autres inquiétudes ont été exprimées. Le député Patrick Kakwata a relevé quelques failles constatées déjà à la démonstration de la machine à voter vendredi 1er décembre dans la salle des banquets du Palais du peuple par les agents de la Céni.

Pour l’élu de Kolwezi, la loi électorale sous examen est muette sur la position à prendre en compte au cas où il y a un écart entre les résultats de la machine à voter et ceux issus de l’urne lors du dépouillement des bulletins de vote.

 

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