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Fermeture de Bralima/Boma : nécessité d’un plan de sauvetage pour l’industrie locale

Écrit par Amédée Mwarabu Kiboko. Publié dans Economie

Il faut craindre un effet boule de neige dans les fermetures en cascade ou les contreperformances enregistrées dans l’industrie locale en République démocratique du Congo. Touchée par la fermeture annoncée dès le 1er décembre 2016  de l’usine de la Bralima/Boma, la Fédération des entreprises du Congoen appelle à des mesures idoines pour protéger l’industrie locale. Le gouvernement devrait intégrer l’urgence d’un plan de sauvetage des entreprises congolaises.

La République démocratique du Congo a du mal à tirer son épingle du jeu de la mondialisation. Son économie reste modeste, en dépit de ses immenses potentialités, et peine à juguler la pauvreté qui touche la majorité des Congolais. C’est le « paradoxe congolais ».

Tout le monde convient que les importantes ressources de la République démocratique du Congo ne peuvent contribuer significativement au développement de son économie qu’à travers une industrie locale solide et mieux répartie sur l’ensemble du territoire national.  Hélas ! Les quelques entreprises que le pays possède sont en train de fermer les unes  après les autres. Ces unités de production, non seulement elles n’ont pas la carrure pour évoluer sur le même marché que les multinationales, l’Etat congolais n’a pas mis en place des politiques susceptibles de protéger l’économie nationale.

La conséquence est que dès le 1er décembre 2016, l’Usine de la Bralima de Boma, dans le Kongo Central, va mettre la clé sous le paillasson.  Et pour cause. Cette usine est asphyxiée par les taxes et autres impôts dû à l’Etat. C’est la deuxième usine fermée en moins d’une année après celle de Mbandaka, dans la province de l’Equateur.

Dans une correspondance datée du 4 novembre, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), à travers sa direction provinciale du Kongo centrale, a interpellé le gouverneur sur le danger qui guette cette province avec la fermeture des usines. Dans le lot des revendications, la FEC cite l’augmentation continue de la pression fiscale déjà forte, l’instabilité du taux de change, l’effondrement des ventes compte tenu de la baisse constante de  la consommation de ses produits. « La perte d’exportation vers Cabinda (Angola), un des grands marchés compte tenu de la crise économique qui frappe ce pays, mais aussi, les importations massives des boissons vendues à des « prix fantaisistes 50% inférieurs aux boissons locales », font partie des causes de la fermeture de la Bralima/Boma.

Protéger d’autres unités de production

La FEC/Kongo centrale craint que le même scénario de fermeture soit envisagé dans quelques encore en activité telles que les compressions d’effectifs, la mise en sous-traitance de certains secteurs. Ce qui risque d’accentuer le malaise social.

En effet, la Cilu, la Compagnie sucrière de Kwilu-Ngongo, la Midema, la Cinat, la Perenco-Rep, la Socir, le Groupe Orgaman (Transmac, Sotramar), ont connu des difficultés dans leur fonctionnement ou ont tout simplement fermé.

« Compte tenu de ce qui précède, il ne reste plus que votre implication quant à la défiscalisation souhaitée et ramener la Regideso et la Snel à appliquer des tarifs de secours pour toutes les unités de production en province », plaide la FEC dans sa correspondance.

Les difficultés des entreprises en République démocratique du Congo ont un impact direct sur le budget national. Le projet de budget 2017 de la RDC est chiffré à 4,8 milliards Usd, en baisse de 15% par rapport au budget de 2015. Ce, suite notamment à la fermeture des certaines industries minières dans l’ex-province du Katanga, à la baisse des prix des matières premières sur le marché international.

Au courant de cette année, la Bralima a fermé son usine de Bandaka. A l’instar de la Bralima, plusieurs entreprises ont connu des fermetures de leurs succursales en province suite à l’absence d’une politique de protection de l’industrie locale. Dans son programme d’émergence à l’horizon 2030, la République démocratique du Congo mise notamment sur son industrie. Il importe, dès maintenant, de la protéger à travers un plan de sauvetage avant d’envisager son développement.

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